Notre-Dame-des-Landes : Cette fois, le collectif des élus opposés au projet « tourne la page »

AEROPORT Le CéDpa annonce sa dissolution après avoir reçu les indemnités qu'il attendait de la part de l'Etat

Frédéric Brenon

— 

Françoise Verchère (au centre), porte-parole du CéDpa, lors d'une action anti-aéroport.
Françoise Verchère (au centre), porte-parole du CéDpa, lors d'une action anti-aéroport. — S.Salom-Gomis/Sipa
  • Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été officiellement abandonné le 17 janvier 2018.
  • Le CéDpa (élus) et l'Acipa (citoyens) étaient les deux principales associations opposées au projet.

Trois ans et demi après l’abandon officiel du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il était « temps de tourner la page », reconnaît le CéDpa, collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport. L’association créée en 2011 annonce sa dissolution, consécutive au solde enfin possible de ses comptes. « Nous attendions le versement des indemnités que nous devait l’Etat », après deux décisions du Conseil d’Etat prononcées en juin et août 2019, défavorables à la préfecture de Loire-Atlantique, explique Françoise Verchère, figure de la lutte anti-aéroport et porte-parole du CéDpa.

« Ce n’était pas de grosses sommes [4.000 euros au total] mais il a fallu insister pour en obtenir le versement. Symboliquement, c’était capital pour nous dans la mesure où les porteurs du projet n’ont pas arrêté de dire que nous avions perdu tous nos procès. C’est faux, le Conseil d’Etat a finalement démontré que le projet n’était pas juridiquement fondé. » Le reliquat de trésorerie du CéDpa sera reversé à quatre associations locales militant en faveur de l’environnement.

Que retiennent les élus de leurs dix ans de lutte ? « Un bilan forcément très positif, estime Françoise Verchère. Un travail de fond énorme. De belles rencontres. On a aussi pris des coups. On a été méprisé par les institutions. Je m’attendais à davantage de respect vis-à-vis d’élus. »

Le dossier Nantes-Atlantique « beaucoup trop lent »

Autre association emblématique de la lutte anti-aéroport, l’Acipa n'est plus active mais n’est pas encore réellement dissoute en raison d’un transfert de propriété en cours de règlement. Ses anciens membres préparent par ailleurs une exposition retraçant la lutte anti-aéroport.

Quant à l'Atelier citoyen, qui a œuvré aux côtés des deux associations pour formuler des propositions alternatives au projet de Notre-Dame-des-Landes, il travaille toujours sur le suivi du dossier de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique. Le réaménagement annoncé de la plateforme, ainsi que les mesures de protection sonore des riverains, avancent au ralenti. « C’est beaucoup trop lent. L’Etat, par l’intermédiaire de la DGAC, traîne des pieds », peste Jean-Marie Ravier, porte-parole de l’Atelier citoyen, lequel dénonce également un « manque de transparence » concernant les critères de choix du prochain concessionnaire, ce dernier devant être désigné fin 2021.