Nantes vise un tourisme « plus vertueux » où l'on ne viendrait plus « en avion pour 48 heures »

TOURISME Le Voyage à Nantes, chargé de développer le tourisme de la Cité des ducs, souhaite rompre avec le modèle du « city break »

Julie Urbach

— 

Le quai des Antilles et les anneaux de Buren sur l ile de Nantes. Illustration tourisme immobilier. Nantes Loire Atlantique Pays de la Loire./SALOM-GOMIS_152340/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1409011709
Le quai des Antilles et les anneaux de Buren sur l ile de Nantes. Illustration tourisme immobilier. Nantes Loire Atlantique Pays de la Loire./SALOM-GOMIS_152340/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1409011709 — SIPA
  • Le Voyage à Nantes s'interroge sur sa stratégie touristique, souhaitée plus vertueuse.
  • La structure aspire aujourd'hui à ce que ses visiteurs viennent de moins loin et restent plus longtemps sur place.

Longtemps en recherche d’attractivité, la Cité des ducs se réinterroge. Alors que le Voyage à Nantes (la structure touristique à l’origine de l’événement artistique estival du même nom) fête ses dix ans, les ambitions de la sixième ville de France sont en train d’évoluer, après que la crise sanitaire est passée par là. « Aujourd’hui, on peut dire que Nantes est devenue une destination à part entière (…), se félicite Jean Blaise, le directeur du VAN. Mais nous nous questionnons sur le surtourisme et sur ce qu’il peut provoquer dans le monde. Est-il logique de venir en avion pour 48 heures dans une ville ? Doit-on continuer à aller prospecter en Chine ? (…) Nous devons réfléchir à la façon dont le tourisme peut être plus vertueux. »

Alors qu’un colloque sur ce thème sera organisé avec les acteurs de la filière à la rentrée, le Voyage à Nantes semble déjà prêt à rompre avec le modèle du «city break». En vue de la saison estivale, il vient de lancer son «pass 7 jours», qui propose pour 90 euros (240 euros pour une famille) un condensé d’activités, billets pour des musées, tickets de transports… avec l’objectif d’inciter les vacanciers à rester plus longtemps sur place (en moyenne, la durée d’un séjour est de 2,3 nuitées actuellement). « Entre l’offre culturelle nantaise, les croisières sur la Loire, le vélo, le vignoble à découvrir, le patrimoine de Saint-Nazaire… il y a vraiment de quoi faire pendant une semaine, estime Aurélie Peneau, la directrice du développement touristique. Cette formule permet d’optimiser les retombées économiques et de diffuser les flux sur l’ensemble du territoire, et ce toute l’année. »

Cibler les pays d’Europe limitrophes

D’ailleurs, le Voyage à Nantes annonce travailler sur « une proposition forte » pour Noël 2022. De quoi séduire des touristes qui devraient, à l’avenir, parcourir moins de distance pour venir admirer le Grand Eléphant ou les autres curiosités artistiques nantaises. Un retour à la « proximité » alors même qu’un parcours spécial avait été imaginé, il y a deux ans, pour séduire Américains et Chinois… « Nous allons cibler l’Europe limitrophe, des pays d’où l’on vient déjà, indique Jean Blaise. La Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Allemagne… Nous continuerons à travailler aussi en direction des métropoles reliées par le train. »

Quoi qu’il en soit, la manifestation phare qui a fait la renommée de Nantes, et dont la prochaine édition se déroulera du 3 juillet au 12 septembre, « ne disparaîtra pas ». « Mais on doit aller plus loin que l’événement », estime Jean Blaise.