Sur les bords de l'île de nantes, une école de verre et de béton

Frédéric Brenon Photos : J.-S. Evrard / 20 Minutes

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Quarante ans après sa création, l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Nantes déménage. Elle quitte ses locaux historiques de la rue Massenet (quartier Barberie) pour ouvrir ses portes dans un bâtiment hors du commun situé quai François-Mitterrand (Ile de Nantes). Quatre jours avant la rentrée officielle des étudiants, visite du nouvel établissement avec son directeur, Philippe Bataille.

« L'ancienne école avait été construite pour 400 étudiants. Or, avec le développement de nos formations, nous accueillons aujourd'hui plus de 900 personnes, dont 800 élèves. Bref, elle n'était plus adaptée. On a eu un projet d'extension qui n'a pas pu se faire, puis on s'est dit que l'idéal serait de reconstruire au coeur de la cité : c'est mieux pour la visibilité et le travail de nos étudiants. Le projet d'installation sur l'Ile de Nantes a été adopté en 1996. Entre les concours, les appels d'offres, il a fallu attendre treize ans. C'est très long, on s'est découragés plus d'une fois. Mais on peut être satisfaits aujourd'hui. C'est la première grande école à s'implanter sur l'Ile de Nantes. Elle sera un élément fort de ce projet urbain. »

« On ne voulait pas que l'école soit un monument imposant, comme le Palais de justice. Dans notre conception, c'était plus une fabrique. Il me semble que c'est assez réussi. Son architecture, le choix des matériaux (verre et béton) étonnent, c'est sûr. Mais selon qu'on l'observe de l'extérieur ou de l'intérieur, l'opinion est radicalement différente. De l'extérieur, certains trouvent que l'arrière ressemble à un garage, à cause de la rampe qui monte. Elle sert en fait à la déambulation des piétons. De l'intérieur, ce qui marque d'emblée ce sont les espaces de circulation et la lumière. On se croirait dehors, avec un toit au dessus. Un peu comme dans une véranda. »

« Etudier l'architecture c'est du concret. On a besoin de place pour manipuler de la matière, faire des tests, étaler des maquettes. Le cabinet Lacaton-Vassal a donc cherché à gagner le plus possible de volume, quitte à faire certains sacrifices. Résultat : la surface est de 12 000 m2 alors que le cahier des charges n'en prévoyait que 8 000. Chaque étudiant a sa place de travail. On dispose de labos de recherche, de studios de projets spacieux. Il y a aussi trois amphithéâtres, une grande bibliothèque, une salle d'exposition, etc. Sur le toit, à 29 m de haut, il y a une terrasse de 2 500 m2 qu'on pourra louer aux entreprises qui souhaiteraient profiter d'une vue unique sur Nantes. Quant au parking, il ne peut contenir que 45 voitures, mais 300 vélos. C'est un choix de développement durable qu'on se doit d'assumer. » ■