Saint-Sébastien perd des siens

Frédéric Brenon

— 

La comparaison des deux derniers recensements de l'Insee est implacable : entre 1999 et 2006, Saint-Sébastien-sur-Loire a perdu 715 habitants, soit plus d'une centaine chaque année. Une situation exceptionnelle en Loire-Atlantique puisque seules sept communes observent aussi une croissance négative, mais dans des proportions bien moindres. Comment la cinquième ville du département (24 508 administrés) en est-elle arrivée là ? Pour les élus d'opposition, pas de doute, c'est la faute de la politique municipale. « La ville n'a pas construit suffisamment depuis dix ans, surtout pas assez de logements sociaux, estime Dominique Raimbourg, ex-candidat socialiste à la mairie. Les loyers ne sont pas tirés vers le bas, les ménages aux revenus modestes sont obligés d'aller voir ailleurs pour s'installer. »

L'opposition avance aussi d'autres arguments. Comme un nombre de places « très insuffisant » pour la petite enfance, ce qui « pose beaucoup de difficultés aux parents et effraie les jeunes couples ». Comparé à Vertou ou Orvault, deux villes à la population similaire, le nombre de crèches, haltes-garderies et assistantes maternelles est effectivement inférieur à Saint-Sébastien. « Il n'y a aucun problème à ce niveau-là, assure le maire (divers droite), Joël Guerriau. Nous avons au contraire un projet ambitieux de Maison de la petite enfance. » Pour l'édile, l'explication de la perte d'habitants est ailleurs. « Notre territoire est l'un des plus petits de Loire-Atlantique, l'un des plus urbanisés aussi. Du coup, on ne trouve plus de terrain pour construire, la ville est obligée de prendre de la hauteur. Les projets immobiliers sont beaucoup plus compliqués à réaliser et les bailleurs sociaux ont plus de facilité à aller chez nos voisins. La population va donc stagner, c'est inéluctable. Reste que nous avons beaucoup construit récemment, ça devrait se ressentir au prochain recensement. » ■