Nantes : Le projet de tour et de piscine nordique à Saupin se dévoile et inquiète

URBANISME Ce projet urbain, annoncé pour 2024, est à peine rendu public qu'il suscite déjà des inquiétudes

Julie Urbach
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Vue de la tour du projet Saupin à Nantes
Vue de la tour du projet Saupin à Nantes — Giboire / Lina Ghotmeh – Architecture
  • Nantes métropole et le promoteur Giboire veulent construire une tour d'habitations et un bassin nordique sur le site du stade Marcel-Saupin.
  • Un collectif de riverains s'oppose à ce projet alors que les élus écologistes demandent un moratoire.

Deux ans après l’annonce surprise de la construction d'un bassin nordique à Nantes, l’idée est bel et bien sur les rails. Ce vendredi, la métropole a dévoilé les contours du grand projet urbain qu’elle souhaite mener sur le site de l’emblématique stade Marcel-Saupin, quartier Malakoff-Pré Gauchet. A la place de l’ancienne tribune ouest, démolie en 2006, une piscine chauffée en plein air sera livrée d’ici à 2024. Juste à côté sera construite une tour principalement composée de logements, selon le même calendrier. Les travaux et la commercialisation doivent commencer dès l’année prochaine.

Le projet, porté par le groupe Giboire, vise à « mettre en valeur le stade » mais aussi et surtout à répondre à deux problématiques majeures auxquelles est confrontée la métropole : la pression immobilière et la pénurie de piscines. Pour le premier sujet, la future tour comportera 62 logements (dont 25 % en accession abordable), notamment à destination des familles. Au 16e étage, cinq « gîtes urbains » seront aménagés, alors qu’un bar-restaurant en rooftop s’installera tout en haut. Plusieurs commerces sont prévus au rez-de-chaussée de cet immeuble construit largement en bois, et un parking pour les résidents au sous-sol.

Vue de la future piscine nordique quartier Saupin à Nantes
Vue de la future piscine nordique quartier Saupin à Nantes - Giboire / Lina Ghotmeh – Architecture

Pour l’autre question, le bassin nordique (six couloirs, 50m de long) « complétera l'offre des piscines municipales, et sera accessible au même tarif », confirme Ali Rebouh, adjoint au sport à la mairie (PS) de Nantes. Il sera ouvert toute l’année et accueillera aussi bien le grand public que les enfants des écoles nantaises ou les associations sportives, aujourd’hui tous à l’étroit. « On économisera, à terme, 40 % d’énergie que pour une piscine couverte », complète l’élu, pour répondre aux critiques.

« Beaucoup d’inquiétudes »

Car depuis quelques semaines, la contestation s’organise. Plusieurs riverains, opposés au projet, viennent de lancer une pétition pour dénoncer « la défiguration du site » et demander une « étude d’impact environnemental » du projet, dont le permis de construire est en cours d’instruction. « Nous avons beaucoup d’inquiétudes : l’impact sur la faune et la flore alors que nous sommes au débouché de l’Erdre sur la Loire, les nuisances diverses, la circulation…, détaille Philippe Meunier, président des Amis de la confluence Erdre Loire Nantes. Nous nous questionnons sur l’intérêt d’une nouvelle piscine, alors que celle de la Petite Amazonie est située juste à côté. »

Vue de l'entrée de la future piscine nordique et de la tour de logements (projet Saupin)
Vue de l'entrée de la future piscine nordique et de la tour de logements (projet Saupin) - Giboire / Lina Ghotmeh – Architecture

Au sein de la majorité, les élus écologistes portent eux aussi un jugement sévère sur ce projet urbain. Regrettant qu’aucun logement locatif social n’y soit prévu, ils demandent « un moratoire afin de prendre le temps de l’évaluation et du débat ». Autre interrogation, la hauteur du bâtiment, qui « ne permet pas d’avoir un bilan carbone le plus limité » selon eux. « La tour a reçu de nombreux labels pour sa performance écologique et répond à la demande de construire des logements sur une emprise réduite, justifie Lina Ghotmeh, l’architecte lauréate. Le défi à relever était qu’elle ne soit pas juste un bloc posé là. Sa forme est dynamique, gradée, avec une multiplicité de couleurs pour lui donner de la lumière. »

Comme les élus écologistes, le collectif de riverains demande « une meilleure information et consultation des habitants ». Ce vendredi, la métropole a indiqué qu’une concertation sera menée, au sujet de l’aménagement des espaces publics.