Nantes : Charles Noakes, sportif de petite taille, s’est lancé un grand défi en parabadminton

HANDICAP Charles Noakes, troisième joueur mondial en parabadminton (catégorie petite taille), qui s’envolera pour un Open en Espagne le week-end prochain, veut participer aux Jeux paralympiques de Paris 2024

David Phelippeau

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Charles Noakes lors d'un épreuve à Dubaï.
Charles Noakes lors d'un épreuve à Dubaï. — James Varghese
  • Ce Sautronnais (originaire de Sautron à côté de Nantes), âgé de 23 ans, qui est atteint de nanisme, a pour objectif de participer aux Jeux paralympiques de Paris 2024.
  • Celui qui est actuellement au Pôle Espoirs a pourtant commencé le badminton il y a seulement quatre ans.

Son handicap, il l’a « accepté » et en a fait « une force » aujourd’hui grâce au sport. Charles Noakes s’est lancé le défi de participer aux Jeux paralympiques de Paris en 2024 en parabadminton. Ce Sautronnais (originaire de Sautron à côté de Nantes), âgé de 23 ans, est atteint de nanisme, mais du haut de son 1,45 m, il voit grand. Sa moisson de titres des derniers mois a exacerbé son ambition olympique. Double champion de France en parabadminton depuis janvier 2020 (en simple et en double) et médaillé de bronze lors d’un Open à Dubaï il y a quelques semaines, Charles sent qu’il est en train « de franchir une étape » dans son projet. Comme il a commencé trop tard les qualifications, il ne pourra pas néanmoins prétendre aux Jeux paralympiques de Tokyo, où le parabadminton fera sa première apparition.

Charles Noakes pendant une compétition.
Charles Noakes pendant une compétition. - James Varghese

Né à Londres d’un père anglais et d’une mère française (originaire de La Chapelle-sur-Erdre), Charles, qui s’alignera sur l’Open de Carthagène en Espagne à partir de la semaine prochaine, a commencé le badminton il y a seulement quatre ans. Après avoir touché au football, au tennis et à la natation, il opte pour cette discipline. « J’avais un bon niveau au collègue et au lycée. »

Il s’inscrit au club de Saint-Herblain en septembre 2017. Alors qu’il s’entraîne avec des valides, son entraîneur lui propose très vite de s’étalonner avec des gens en fauteuil. Il n’en prend absolument pas ombrage. Bien au contraire. « C’était un peu bizarre au départ, avoue celui qui depuis tout jeune ne pratiquait du sport qu’avec des valides. Mais, en réfléchissant, je me suis dit que j’avais une carte à jouer, une chance à saisir. Aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix. » Avec ces nouveaux sparring-partners, Charles progresse beaucoup « techniquement » et « travaille la précision et la patience ».

« J’ai fait de mon handicap, une richesse. »

Après avoir obtenu une Licence en management du sport à Nantes, Charles intègre le Pôle Espoirs en juillet 2019 (en attendant l’ouverture prévue en septembre du futur Creps à La Chapelle-sur-Erdre). Vingt-cinq à trente heures de badminton par semaine, deux séances minimum par jour, musculation, préparation physique et mentale… Charles Noakes consacre quasiment toute sa vie à la raquette et au volant, et se prépare comme un athlète de haut niveau. En parallèle, dans le cadre du service civique, il s’occupe du secteur communication à la Ligue de badminton. Au Pôle, il se perfectionne avec des jeunes de 13 à 17 ans (valides) qui font partie des tout meilleurs français. « Je me prenais des claques au début, mais j’ai beaucoup travaillé, je n’ai rien lâché, souffle le Sautronnais. Et ce qui est marrant, c’est que ce sont eux qui me donnent des conseils alors qu’ils sont beaucoup plus jeunes que moi. »

Le Japon, l’Amérique du Sud, le Danemark… Charles ferraille avec d’autres personnes de petite taille aux quatre coins du globe. « Beaucoup de gens aimeraient être à ma place je pense, estime celui qui est actuellement troisième mondiale en simple et 18e en double. Je voyage énormément. Je postule aujourd’hui pour participer aux Jeux paralympiques de Paris en 2024. J’ai fait de mon handicap, une richesse. Je veux prouver que malgré ma petite taille, je peux faire des grandes choses. »