Nantes : Faut-il s’inquiéter de l’état du pont de Cheviré, qui fête ses 30 ans ?

URBANISME Extrêmement fréquenté, l'ouvrage qui franchit la Loire entre Saint-Herblain et Bouguenais est surveillé de près 

Frédéric Brenon
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Le pont de Cheviré à Nantes
Le pont de Cheviré à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le pont de Cheviré a été inauguré le 27 avril 1991.
  • Spectaculaire, il mesure 1,5 km de long pour 52 m de haut.
  • Il permet au périphérique ouest de Nantes de franchir la Loire sans entraver le passage des bateaux.

Il domine l’ouest de Nantes et la Loire depuis pile 30 ans. Le 27 avril 1991, après quatre ans et demi de travaux, le pont de Cheviré était inauguré par le Premier ministre Michel Rocard. S’il n’est pas le plus grand pont de Loire-Atlantique malgré ses 1.560 m de long et ses 52 m de haut (celui de Saint-Nazaire est plus impressionnant encore), Cheviré est aujourd’hui le plus traversé du Grand Ouest. Près de 110.000 véhicules par jour l’ont emprunté en 2019, contre 40.000 à ses débuts et 85.000 en 2001. Compte de tenu de sa fréquentation et de son âge, l’ouvrage fait donc l’objet d’une surveillance régulière et étroite.

« On effectue chaque année une visite de contrôle, à pied et simplement au visuel, explique Lionel Garrispe, responsable du pôle de gestion d’ouvrages d’art pour la Direction interdépartementale des routes Ouest. Tous les trois ans, on procède également à une inspection plus poussée au cours de laquelle on note l’ouvrage. Enfin, tous les six ans, il y a une visite détaillée effectuée par le Cerema, à l’aide de nacelles et de cordistes. C’est assez long et spectaculaire. On scrute toutes les parties de l’ouvrage, y compris à l’intérieur puisqu’on peut entrer dans le caisson. La prochaine aura lieu en 2025. »

« Il se porte très bien »

Il existe aussi des capteurs dans le corps de l’ouvrage qui permettent de suivre la dilatation du pont. « Tous les matériaux se dilatent avec la température. C’est normal. En été, il a tendance à s’allonger et en hiver à se rétracter. L’écart est de l’ordre de la dizaine de centimètres. »

Bilan des différentes consultations : « Le pont de Cheviré se porte très bien, rassure Lionel Garrispe. Aucune intervention majeure n’a été nécessaire. Le béton armé est un matériau robuste et tant qu’il n’y a pas de défaut observé il n’y a rien à faire. Il faut surtout être attentif aux parties d’usure qu’il faut renouveler régulièrement : les chaussées, les joints de chaussée, les dispositifs de retenue… »

Des travaux de chaussée à prévoir

Contrairement à d’autres ponts, comme ceux de Bellevue ou de Saint-Nazaire, aucune pile ne se trouve immergée, ce qui « facilite l’entretien ». Les chaussées situées sur la partie béton ont été refaites en 2014 et 2017. « Il nous reste à refaire la chaussée sur la partie métallique centrale. Ce ne sera pas avant 2023. Ce sont des travaux conséquents. » En 2015 puis en 2019, le pont de Cheviré était passé de deux à trois voies de circulation dans chaque sens afin de réduire les embouteillages. Cet aménagement a permis un gain de temps moyen compris entre 3 et 7 minutes aux heures de pointe, selon la Dir-Ouest

Quant aux lampadaires jaunes du pont, ils ne fonctionnent plus depuis 2008 à la suite de vols de câbles. « Il n’y a pas de projet de remise en lumière » , indique Lionel Garrispe. Les candélabres ne devraient toutefois pas être retirés dans la mesure où « ils font partie de l’architecture ».