Nantes : Incendie dans l’un des plus anciens bidonvilles de la métropole, une mère et un enfant blessés

BOUGUENAIS Le feu a détruit plusieurs caravanes dans un camp occupé par des personnes de la communauté rom, à Bouguenais, en bordure de périphérique

Frédéric Brenon
— 
L'incendie s'est déclaré dans un bidonville occupé par la communauté rom à Bouguenais.
L'incendie s'est déclaré dans un bidonville occupé par la communauté rom à Bouguenais. — F.Brenon/20Minutes
  • Composé de caravanes et de cabanes, le bidonville de la Neustrie, à Bouguenais, est installé depuis près de dix ans.
  • Une soixantaine d’adultes et d’enfants vivent sur place dans des conditions de vie insalubres.
  • L’incendie de ce 23 avril repose avec insistance la question de la fermeture du site et du devenir des familles occupantes.

Un incendie s’est déclaré ce vendredi matin, à Bouguenais, dans l’un des plus anciens bidonvilles de la métropole nantaise. Deux personnes, une femme âgée d’une trentaine d’années et sa fille âgée de 11 ans, ont été blessées. Elles souffrent de brûlures et ont été transportées au CHU de Nantes. Situé quartier Neustrie, en bordure de périphérique, le campement était occupé par une soixantaine de personnes de la communauté rom depuis une dizaine d’années. Une quinzaine de familles résidaient sur place quand le feu s’est répandu vers 7h15.

Une cinquantaine de pompiers ont été mobilisés. Leur intervention était délicate car plusieurs bouteilles de gaz se trouvaient sur le site. Certaines ont d’ailleurs explosé au contact des flammes. Un tiers des caravanes du site sont totalement détruites, de même que plusieurs voitures. De nombreux effets personnels ont également été endommagés. L’incendie aurait pu être provoqué par un chauffage rudimentaire, a-t-on appris sur place.

« C’est allé très vite. On a sorti les victimes, les enfants. Les pompiers sont arrivés mais c’était déjà tard : plusieurs caravanes ont brûlé. Nos affaires sont perdues. C’est terrible », commente Ion, l’un des occupants du bidonville.

Un relogement temporaire à l’étude. Et après ?

La mairie de Bouguenais travaille à une solution de mise à l'abri temporaire des familles, en lien avec les associations et l’Etat. Mais la question de la fermeture pérenne du site et du devenir des occupants se pose désormais avec la plus grande insistance. « On ne peut plus laisser ce bidonville en l’état, reconnaît Jean-Claude Hauraix, chargé de mission pour la ville de Bouguenais. Il pose des problèmes importants de salubrité et, bien sûr, de sécurité pour les personnes qui y vivent. »

Plus d’une vingtaine d’enfants habitent ce campement. La plupart sont scolarisés à Bouguenais depuis plusieurs années. « Dans un premier temps, nous devions installer des blocs sanitaires et enlever les déchets du site, explique Jean-Claude Hauraix. Nous réfléchissions aussi à une solution définitive pour les familles, avec une installation dans un terrain d’insertion. C’est un dossier extrêmement compliqué. »

Nantes métropole est l’une des agglomérations françaises où l'on comptabilise le plus de bidonvilles. Près de 3.000 migrants européens sédentarisés, la plupart originaires de Roumanie, vivraient ainsi dans des conditions précaires et indignes.