Nantes : Six ans après l’incendie, le chantier « hors norme » de la basilique Saint-Donatien touche à sa fin

RECONSTRUCTION Près de six ans après l'incendie, l'édifice nantais prépare sa réouverture

Julie Urbach
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La basilique Saint-Donatien à Nantes, le 15 avril 2021
La basilique Saint-Donatien à Nantes, le 15 avril 2021 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le 15 juin 2015, la toiture de basilique Saint-Donatien était ravagé par un incendie.
  • Après six ans de travaux, le bâtiment s'apprête à rouvrir ses portes.

Du calme, et une incroyable lumière. Ce jeudi matin, l’ambiance tranche avec le spectacle de désolation qu’avait offert la basilique Saint-Donatien aux riverains, le 15 juin 2015. Six ans après l'incendie qui a ravagé une partie de l’édifice nantais, le chantier « hors norme » touche enfin à sa fin. Si tout se passe bien, les derniers échafaudages seront enlevés en juin, avant que le mobilier et les tableaux ne soient réinstallés. Après la commission de sécurité, les paroissiens pourront réinvestir le lieu de culte, fin août. « Nous inviterons ensuite tous les Nantaises et les Nantais à venir la redécouvrir lors des journées du patrimoine et du matrimoine, les 18 et 19 septembre », espère Johanna Rolland, maire de Nantes (PS), malgré des incertitudes en raison de la situation sanitaire.

La basilique Saint-Donatien à Nantes, le 15 avril 2021
La basilique Saint-Donatien à Nantes, le 15 avril 2021 - J. Urbach/ 20 Minutes

Les habitants pourront alors se rendre compte de l’impressionnant résultat de travaux qui ont mobilisé, quotidiennement, entre 40 et 60 personnes issues de divers corps de métiers. Après la mise en sécurité du bâtiment, le traitement des bois atteint par un champignon, il a fallu tout remettre en état et notamment reprendre l’intégralité des trente voûtes, reconstruire la quasi-totalité de la charpente, ravaler les façades… Sans compter la crise sanitaire, qui a perturbé le chantier, mis à l’arrêt pendant deux mois. « C’était un travail de titan, résume Pierluigi Pericolo, architecte du patrimoine. Imaginez par exemple les 650 vitraux qui ont été restaurés : deux entreprises ont été mobilisées pendant trente mois dans leurs ateliers, quasiment à temps plein. »

Dispositifs contre les incendies

Aujourd’hui, une vingtaine d’ouvriers et artisans s’affairent encore, et notamment dans la vaste nef, désormais libérée de ses étaiements. Reste par exemple à nettoyer et restaurer les décors peints de la chapelle axiale, notamment les dorures qui ont disparu avec les fumées. Dans un registre plus technique, on effectue les derniers réglages des nouveaux dispositifs mis en place pour limiter les dégâts en cas de nouvel incendie. « Nous avons désormais deux alarmes de différentes natures, reliées à un système de télésurveillance, rapporte Pierluigi Pericolo. Nous avons aussi installé des éléments en tôle dans la charpente pour ralentir la propagation des fumées. Enfin, des colonnes sèches vont permettre aux pompiers d’intervenir plus facilement. »

La mairie de Nantes, qui a consacré une enveloppe de 13 millions d’euros pour ce chantier (dont 9 ont été pris en charge par les assurances) a d’ailleurs engagé un diagnostic de sécurité dans ses lieux cultuels. « Edifice par édifice, nous avons identifié les risques mais également prévu une marche à suivre en termes d’évacuation des œuvres et de leur mise à l’abri », précise Olivier Chateau, adjoint au patrimoine. Une démarche alors qu’un autre édifice religieux nantais est fermé au public pour travaux après un incendie. Après le sinistre de juillet dernier, la rénovation de la cathédrale Saint-Pierre pourrait durer plusieurs années.