Nantes : A 8 ans, il crée des jeux vidéo pour la Nes, mythique console Nintendo

RENCONTRE Aidé de son papa, le petit Seiji, élève de CE2, a créé le jeu Kubo 3, bientôt disponible au Japon

Julie Urbach

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Seiji, chez lui à Nantes, le 8 avril 2021
Seiji, chez lui à Nantes, le 8 avril 2021 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Depuis trois ans, Seiji et son papa se sont lancés dans la conception de jeux vidéos pour la console Nes.
  • Le plus abouti, Kubo 3, a même été vendu auprès de passionnés et de collectionneurs, alors que la version japonaise sortira dans quelques jours.

S’il n’avait pas gardé son masque tout au long de notre rencontre (sauf pour la photo), on aurait aisément pu se croire dans les années 90. Car à 8 ans, rares sont les enfants qui s’éclatent encore devant la Nes, cette console de jeu vintage de Nintendo qui rend nostalgiques les quadras d’aujourd’hui. A Nantes, Seiji fait encore plus fort car le personnage en 2D que le petit garçon fait bouger grâce à sa manette rectangulaire est entièrement sorti de son imagination. Après un lancement en France et aux Etats-Unis en fin d’année dernière (les 150 cartouches produites ont été vendues, au prix de 35 euros, surtout auprès de collectionneurs et passionnés), son propre jeu, Kubo 3, sera disponible au Japon dans quelques jours. Il a déjà reçu les premières commandes.

Scolarisé en CE2, le garçon est devenu le boss de SJ Games il y a environ trois ans. Son papa, développeur informatique, s’intéresse à l’époque  au retrogaming et découvre un logiciel, Nes Maker, qui permet de « créer facilement de nouveaux jeux » pour la mythique console. « J’avais dessiné Kubo sur une feuille, un cowboy à la peau verte que les gens ont pris pour une tortue, sourit Seiji, qui conserve tout dans des pochettes. Sur l’ordinateur, je l’ai ensuite dessiné en pixels, dans plein de positions différentes pour qu’il puisse s’animer. » Petit à petit, le garçon invente des monstres à battre, des obstacles à éviter, des éléments de décor qu’il assemble « comme des Lego », pour créer tout un univers. Après Kubo 1 dans la forêt, et un deuxième épisode dans le désert, c’est décidé : la version 3 permettra à la tortue-cowboy de faire le tour de la planète !

Un vrai travail d’équipe

Pendant un an, les week-ends et les vacances, parfois deux ou trois heures de suite, le binôme met tout au point, écran après écran. Le but du jeu ? « Il faut trouver les quatre cristaux pour pouvoir sauver les habitants du village, kidnappés par une méchante taupe », annonce Seiji. Lui et son papa, âgé de 41 ans, assurent qu’il s’agit d’un vrai travail d’équipe, qui a en plus le mérite d’être « une activité qui nous rassemble ». « Je le guidais et l’aidais pour la technique, notamment pour le code, raconte le père de Seiji, qui s’occupe aussi, évidemment, de la communication ou encore de la commercialisation. Je le laissais gérer toute la partie création et animation. » Le confinement permet de s’y mettre à fond, jusqu’à la rencontre avec un studio de jeu vidéo.

Locace et débrouillard, le petit Seiji est aussi tenace puisqu’il ne se décourage pas, « malgré une dernière ligne droite un peu compliquée ». Après avoir sollicité sa maman, japonaise, pour la traduction de son jeu sur Famicom (l’équivalent de la Nes), il rêve aujourd’hui d’un Kubo 4, qu’il mettra au point sur son nouvel Ipad, financé grâce aux premières ventes. Et le bonhomme, qui pratique aussi le foot, l’origami et le piano, ne compte pas s’arrêter là. Au sujet de son avenir professionnel, il confie y avoir déjà « plusieurs fois » réfléchi… « En fait, j’hésite beaucoup, raconte l’écolier. Ce sera créateur de jeux… ou bien inventeur ! »