Un Coup bas pour la formation

Frédéric Brenon

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Elle permettait aux demandeurs d'emploi de percevoir un montant équivalent à leur assurance chômage (ex-Assedic) jusqu'au terme de leur formation. Financée par l'Etat, l'Allocation de fin de formation (AFF) était « vitale » pour les étudiants ou stagiaires qui, en raison de la durée de leur formation, risquaient de perdre, au cours de celle-ci, leurs revenus Assedic. Plus de 2 600 personnes ont bénéficié de ce complément de rémunération l'an passé en Pays de la Loire. Ils devront désormais faire sans, puisque le gouvernement a décidé de supprimer l'AFF à partir du 1er janvier. Une décision très critiquée par le conseil régional, qui dénonce des « économies faites sur le dos des chômeurs ».

Nicolas, 35 ans et Philippe, 30 ans, doivent débuter leur formation au métier d'infirmier le 23 février. Celle-ci dure trois ans mais, sans l'AFF, ils craignent de ne pouvoir tenir jusqu'au bout. « Nous nous sommes engagés en sachant qu'on disposerait d'un financement. L'ANPE nous a encouragés dans cette voie. Comment ferai-je pendant tout ce temps, avec deux enfants à charge, sans rentrée d'argent ? Ma motivation ne suffira pas », craint Philippe. « C'est comme si les règles avaient changé en cours de partie. On prend ça comme une injustice », raconte Nicolas. Le montant versé au titre de l'AFF en Pays de la Loire était de 18 millions d'euros l'an passé. « La région ne peut pas compenser toute seule cette somme, indique Patrick Cotrel, vice-président du conseil régional. L'Etat doit trouver une solution rapide. On a reçu des dizaines et des dizaines d'appels de gens inquiets. Ce n'est pas le moment de les laisser tomber ». ■