Dix femmes en situation de précarité s’affichent en grand à Nantes

8 MARS Le conseil départemental de Loire-Atlantique et les Restos du cœur proposent une exposition à l’occasion de la journée des droits des femmes

Julie Urbach

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Dix femmes en situation de précarité s'exposent à Nantes, sur les grilles du conseil départemental
Dix femmes en situation de précarité s'exposent à Nantes, sur les grilles du conseil départemental — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Dix portraits de femmes sont exposés depuis ce lundi sur les grilles et dans la cour du conseil départemental de Loire-Atlantique.
  • Une exposition qui vise à « défendre cette valeur universelle qu’est l’égalité, en montrant que ces regards, ces expressions, ont aussi leur place dans l’espace public ».

Quand on lui a parlé du projet, il y a maintenant deux ans, elle s’est d’abord dit que ce n’était pas pour elle. Pourtant, c’est bien le visage rayonnant d’Amelia qui, parmi d’autres, s’affiche en grand sur les grilles et dans la cour du conseil départemental depuis ce lundi à Nantes. A l’occasion du 8 mars, et pendant deux semaines, une exposition met à l’honneur dix femmes de tous âges, en situation de précarité, dont cette hôtesse de caisse de 22 ans. Toutes fréquentent ou ont fréquenté les Restos du coeur, et notamment  l'accueil de jour réservé aux femmes ouvert depuis 2010 à Nantes. En cette journée des droits des femmes, elles se disent fières de pouvoir se montrer aux yeux de tous.

Amelia devant son portrait
Amelia devant son portrait - J. Urbach/ 20 Minutes

C’est l’objectif de ce projet, lancé en 2019 par l’association, avec le concours de deux photographes amateurs. Intitulée [In] visibles, l’exposition vise à « défendre cette valeur universelle qu’est l’égalité, en montrant que ces regards, ces expressions, ont aussi leur place dans l’espace public », estime Philippe Grosvalet, président (PS) du conseil départemental. « Pour les gens, les bénéficiaires des Restos sont des paumés, des moins que rien, estime Léa, l’un des modèles. Moi j’y ai retrouvé l’équilibre, la sécurité, énormément d’amour… C’est aussi pour les remercier que j’ai eu envie de participer. »

« Tisser le lien de confiance »

Chaque femme est représentée par une photo en couleur et une autre en noir et blanc. Vêtements, maquillage, pose, chacune a pu décider de la façon dont elle voulait apparaître. « La séance a eu lieu sur une journée, juste derrière l’accueil de jour, mais il a fallu un an pour tisser le lien de confiance, racontent les deux photographes Alain Le Saout et Arnaud Philippon. C’est elles qui ont fait la majorité du travail. Nous, on a juste pris la photo au bon moment. Il y avait une telle charge émotionnelle qu’on ne pouvait pas se permettre de la louper ! »

Maria devant son portrait
Maria devant son portrait - J. Urbach/ 20 Minutes

Maria, elle, se dit très contente du résultat. « On était dans une situation difficile, être prise en photo c’était une opportunité de sourire, confie d’une voix douce cette femme de 35 ans. Finalement, c’est allé beaucoup plus loin qu’un moment de détente. Je suis heureuse et même fière d’avoir eu confiance en moi, et de me voir là. »