Nantes : L’incroyable trajectoire ascendante de la société nantaise Vite mon marché

CONSOMMATION Créée en 2018, cette entreprise propose et livre des articles frais et locaux (fruits, légumes, viande, poisson, crémerie, boissons…) aux particuliers

David Phelippeau

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Avec Vite mon marché, vous êtes livrés dans les trois heures maximum.
Avec Vite mon marché, vous êtes livrés dans les trois heures maximum. — Vite mon marché
  • La société nantaise Vite mon marché, qui a été créée en 2018, livre en moins de trois heures des produits frais et locaux aux particuliers.
  • L’entreprise connaît un développement fulgurant avec un chiffre d’affaires multiplié par trois ou quatre chaque année.
  • Vite mon marché devrait s’installer très vite à Bordeaux et Toulouse puis tisser son maillage dans toute la France.

Cette société nantaise n’a jamais aussi bien porté son nom. Vite mon marché, créé en avril 2018, connaît un développement exponentiel. Le chiffre d’affaires de cette entreprise qui se propose de livrer des produits d’un « marché complet » est passé de 300.000 euros en 2018 à 3,5 millions d’euros en 2020. « On le multiplie par 3 ou par 4 chaque année », se réjouit Reynald Naulleau, le fondateur, âgé de 41 ans.

Il y a trois ans, ce fils d’agriculteurs vendéens s’est donné comme mission de « ramener les bons produits de nos campagnes » dans nos assiettes. Avec son épouse et un associé, il décide de « créer un pont logistique et technologique entre le producteur et le consommateur ». Il propose ainsi de livrer des produits – « 80 % de nourriture » – en « moins de trois heures » du lundi au samedi de 14 h à 21 h après réservation sur le site Internet.

La zone de couverture ne cesse de se développer depuis 2018. Le réseau s’étend à Nantes et sa première et deuxième couronne, La Roche-sur-Yon et un rayon de 20 km autour. Même couverture autour de Cholet, Rennes et la côte de Saint-Nazaire. Pas d’inquiétude, il suffit de taper votre code postal sur le site Internetpour savoir si vous êtes éligible… « 80 % de nos volumes de livraison sont sur Nantes », reconnaît néanmoins Reynald Naulleau.

Dix camions réalisent 300 livraisons par jour.
Dix camions réalisent 300 livraisons par jour. - Vite mon marché

Début 2019, la société nantaise, qui compte désormais 35 employés, s’est installée dans un entrepôt de Rezé. Dix camions sillonnent les routes pour réaliser jusqu’à 300 livraisons par jour. Le premier confinement en mars 2020 a donné un incroyable coup de boost à l’entreprise. « De 100 livraisons par jour en février, on est passé à 500 au quotidien en mars, se souvient Reynald Naulleau. Cela a été un énorme coup de projecteur, on aurait pu exploser en plein vol. Les gens cherchaient clairement une solution de remplacement aux supermarchés… »

Bordeaux, Toulouse… puis Lyon, Marseille et Lille

Julie, trentenaire nantaise, opte pour Vite mon marché souvent : « En temps de couvre-feu, c’est très pratique [possibilité de réserver grâce à l'application mobile]. Ce qui est bien aussi c’est que tu trouves de tout et tu prends la quantité que tu veux. C’est vraiment très proche d’un marché XXL et beaucoup moins d’une Amap avec laquelle tu n’as pas le choix. » 250 producteurs/artisans (dont 70 % locaux et 50 % bios) proposent leurs articles sur le site. Et le prix ? Julie admet ne se faire livrer qu’une fois par mois en raison de tarifs plus élevés que dans des supermarchés classiques. « On a les mêmes prix que les ventes directes à la ferme, se défend le fondateur. On est moins cher que dans les Biocoop, mais il y a la livraison en plus. » Laquelle est néanmoins gratuite pour des commandes au-dessus de 59 euros.

La société nantaise, très prisée « des jeunes mamans actives, des étudiants et des seniors », ne compte pas en rester là. « Notre plateforme logistique est rentable à Nantes depuis 2020, il nous aura fallu vingt-deux mois, développe Reynald Naulleau. On veut maintenant aller dupliquer notre concept dans d’autres villes. » Angers et Vannes, mais surtout Bordeaux et Toulouse sont dans le collimateur. Ce mardi, le Vendéen visite un entrepôt dans la ville rose. Objectif : couvrir la France au cours de l’année 2022 avec des implantations à Lyon, Lille et Marseille, après celles de Bordeaux et Toulouse. « On souhaite créer un immense marché des producteurs français. Chaque offre des différentes villes va venir compléter l’offre de chaque plateforme logistique. Du jambon de Bayonne et des vins de Bordeaux seront par exemple vendus à Nantes. Cela viendra compléter l’offre, mais ne viendra pas en concurrence avec l’offre déjà existante. On veut créer un marché de Talensac x 1.000 ! »