Michelin fait taire ses ouvriers

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Le premier avait été licencié, le second mis à pied trois jours. Les deux ouvriers de l'usine Michelin de Cholet (Maine-et-Loire) sanctionnés pour avoir critiqué en mars dernier leur employeur sur internet ont finalement trouvé vendredi un accord avec le géant du pneumatique. Ils ont obtenu une « compensation financière pas négligeable » devant la chambre de conciliation des prud'hommes d'Angers, a-t-on appris auprès de la CGT. L'ouvrier licencié n'a toutefois pas été réintégré. « Pour être réintégré, encore faut-il le souhaiter », fait-on remarquer au syndicat.

« En tant que représentants syndicaux, nous aurions aimé aller plus loin car la liberté d'expression a été gravement atteinte », a regretté Denis Plard, délégué syndical de l'usine de Cholet. Depuis leurs ordinateurs personnels, la personne licenciée avait affirmé qu'elle faisait un travail de « bagnard », tandis que la seconde avait dénoncé des cadences de travail difficiles à tenir et mal rémunérées. ■ G. F.