Nantes : La délinquance freinée par le confinement mais « des problèmes sont toujours là »

BILAN L'année 2020 a été marquée par une baisse globale des violences en Loire-Atlantique

Julie Urbach
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Des policiers portant des masques près de la gare de Nantes
Des policiers portant des masques près de la gare de Nantes — LOIC VENANCE / AFP
  • En Loire-Atlantique en 2020, les vols avec violence ont connu une baisse de 18,7% tout comme les atteintes volontaires à l’intégrité physique (-3,5 %).
  • La crise sanitaire est la principale explication de ces chiffres, dont certains se sont maintenus à un niveau préoccupant.

Difficile d’en tirer de réelles tendances. Alors que le sujet de l'insécurité monte depuis plusieurs années à Nantes, la préfecture de Loire-Atlantique a présenté, mercredi soir, le bilan de la délinquance en 2020. Et dans ses tableaux, quasiment tous les indicateurs sont en décrue, que ce soit pour le département ou pour Nantes. « Il s’agit d’une année atypique, prévient d’emblée le préfet Didier Martin. Cette baisse significative est à mettre en lien avec le contexte exceptionnel de crise sanitaire. »

Comme sur le reste du territoire national, confinements et couvre-feu ont donc fortement freiné le nombre d’actes de délinquance. Les vols de véhicules ou à la roulotte, par exemple, ont baissé de 17,5 % en Loire-Atlantique (-22 % à Nantes), atteignant le niveau le plus bas jamais atteint ces quatre dernières années. Les gens étant beaucoup restés chez eux, la tendance est la même pour les vols avec violence, en retrait de 18,7 %, même si ceux avec arme, bien que marginaux, persistent. « Après trois ans d’augmentation, les atteintes volontaires à l’intégrité physique connaissent une légère diminution de 3,5 % [-10,42 % à Nantes], note aussi la préfecture. Une baisse plus marquée que celle constatée au plan national. »

Les cambriolages, un problème majeur

Pour autant, « des problèmes sont toujours là », estime Pierre Sennès. Le procureur de la République de Nantes, qui se félicite des résultats obtenus dans le cadre de la lutte contre les trafics de drogue, observe « une augmentation de la violence, notamment dans les quartiers, entre bandes rivales qui s’affrontent ». Les cambriolages restent également « un problème majeur » estime-t-il, alors que les chiffres parlent d’eux-mêmes : malgré le confinement, 6.300 logements ont été visités en 2020, soit seulement 150 de moins qu’en 2019 ! Les violences intrafamiliales, qui ont augmenté de 7,8 %, font aussi partie des préoccupations.

Dernier défi et non des moindres, celui de répondre au sentiment d’insécurité qui semble toujours prégnant chez les Nantais. « On continue de me parler de sujets d’insécurité dans les quartiers, mais beaucoup moins en centre-ville depuis quelques mois où les choses semblent être en train d’évoluer, estime le préfet Didier Martin. L’année 2020 a été certes atypique mais cette tendance semble se confirmer. » De son côté, le procureur de la République promet le développement de la «justice de proximité». « Il faut améliorer notre action sur le traitement de la petite délinquance, indique Pierre Sennès. Le renforcement de l’action des délégués du procureur va permettre de répondre aux préoccupations des citoyens dans leur qualité de vie au quotidien. »