Nantes : L’hôtel de la Duchesse-Anne démoli seize ans après l’incendie

URBANISME L’emblématique bâtiment menaçait de s’effondrer. Il est, depuis lundi, entièrement détruit pas les engins

Frédéric Brenon

— 

Démolition de l'hôtel de la Duchesse-Anne à Nantes, le 16 février 2021.
Démolition de l'hôtel de la Duchesse-Anne à Nantes, le 16 février 2021. — F.Brenon/20Minutes
  • L’hôtel de la Duchesse-Anne était réputé pour son standing et sa façade art déco.
  • Il a été lourdement endommagé en 2004 par un incendie accidentel.
  • Inoccupé depuis le sinistre, le voilà désormais démoli.

« Quel gâchis ! » Devant le chantier entamé lundi, Daniel assiste au spectacle des engins de démolition. Inoccupé et partiellement en ruine depuis 2004, l’ancien hôtel de la Duchesse-Anne, situé près du château des ducs de Bretagne à Nantes, est en cours de destruction. Une opération menée par les copropriétaires (une SCI parisienne et le groupe Giboire) à la demande de la ville de Nantes, laquelle avait adopté un arrêté de péril au regard des dégradations importantes de l’immeuble « susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique ». En clair, des morceaux menaçaient de s’effondrer malgré la démolition préventive, dès 2015, du haut de la façade. La démolition va désormais se poursuivre jusqu’en mars.

Construit en 1874, l’hôtel Duchesse-Anne a longtemps été l’un des établissements les plus réputés de la Cité des ducs. « C’est là que descendaient les vedettes quand elles venaient à Nantes », se souvient Daniel. Son architecture de style art déco, ajouté dans les années 1930, était elle-même remarquable. Mais le bâtiment de quatre étages a été ravagé par un incendie en juin 2004. Et les travaux avaient ensuite été bloqués par des désaccords entre propriétaires.

Quel avenir pour le site ?

Devenu copropriétaire en 2014, le promoteur immobilier Giboire avait pour projet une réhabilitation permettant d’y aménager 30 à 40 appartements de standing. En sauvant, si possible, la façade. La disparition de l’immeuble va obliger les deux copropriétaires à se remettre autour de la table, en lien avec la mairie de Nantes et l’architecte des Bâtiments de France, le secteur étant sauvegardé.

« Le site est idéalement placé. Il y a moyen de faire un très beau projet. Mais celui-ci dépendra des contraintes architecturales et réglementaires qu'on ne connaît pas encore puisque nous attendons un rendez-vous avec l'architecte des Bâtiments de France », commente Geoffroy Petit, directeur du développement du groupe Giboire. Sollicitée, la mairie de Nantes ne souhaite pas réagir.