Nantes : Des banderoles attaquent les autorités sur l’insécurité, la maire réagit

SECURITE L'association Sécurité Nocturne Nantes a déployé cinq banderoles en ville ce mercredi pour dénoncer « l'inaction » des autorités

Frédéric Brenon

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Des banderoles accrochées par l'association S2N, mercredi 10 février
Des banderoles accrochées par l'association S2N, mercredi 10 février — S2N
  • Une association de commerçants et d'habitants réclame davantage d'actions de la part de la ville de Nantes et de l'Etat en matière de sécurité.
  • Johanna Rolland, maire de Nantes, dénonce les banderoles déployées qu'elle considère comme des « mises en scènes polémiques »

Elle avait déjà fait parler d’elle ces derniers mois en organisant des rassemblements et en commercialisant des porte-clefs anti agression. Ce mercredi, l’association Sécurité Nocturne Nantes (S2N), qui rassemble des commerçants et habitants « exaspérés par l’insécurité » dans la sixième ville de France, a choisi un mode d’action un peu plus spectaculaire : cinq banderoles ont été accrochées à des lieux de passage très fréquentés. Les messages varient mais ont en commun d’épingler les autorités (Etat et ville de Nantes) sur leur « responsabilité » face aux faits de délinquance.

Deux d’entre elles s’adressent plus particulièrement à l'adjoint au maire en charge de la sécurité, Pascal Bolo (PS). « Sur les réseaux sociaux, il aborde le sujet sur le ton de la rigolade. Et, au dernier conseil municipal, il a manié l’ironie et a refusé de répondre aux remarques de l'opposition. Son attitude est irrespectueuse envers les victimes d’agressions », déplore Cyril, coprésident de l’association, suivie par près de 4.800 personnes sur Facebook.

S2N, qui assure être « complètement neutre politiquement », assume ses banderoles et demande aux autorités des « actions », « davantage de moyens » et des « résultats » pour que Nantes « redevienne une ville où il fait bon vivre et sortir ».

Une banderole devant les locaux de la police municipale de Nantes.
Une banderole devant les locaux de la police municipale de Nantes. - S2N

Soutien appuyé à Pascal Bolo

La méthode employée et l’attaque personnelle visant son adjoint n’a, en tout cas, pas du tout plu à la maire de Nantes, Johanna Rolland (PS). « Je dénonce avec la plus grande fermeté ce type d’instrumentalisation et d’initiatives et réaffirme mon soutien total, et toute ma confiance, à mon adjoint Pascal Bolo et à l’ensemble des équipes du service public mobilisées sur ces questions », a réagi Johanna Rolland. « A l’invective, et aux mises en scènes polémiques, je préfère le travail en commun et les échanges constructifs, pour avancer », a-t-elle ajouté.

« Nous dénonçons l’attaque portée contre l’un des élus de la majorité et lui apportons tout notre soutien dans
son action », ont également souligné les différents groupes politiques de la majorité municipale dans un communiqué.

Le mois de janvier 2020 avait été marqué par plusieurs faits de violences importantes (fusillades, enlèvement, évasion au CHU…) à Nantes. La mairie recrute actuellement des policiers municipaux supplémentaires et s’apprête à allonger les horaires des patrouilles. La nouvelle police métropolitaine des transports est également en service depuis mi janvier.