Nantes : Faute de public, Le Ferrailleur fait sa révolution en studio télé

MUSIQUE La salle rock du Hangar à bananes se réinvente pour accueillir des émissions musicales en ligne. Coup d'envoi ce lundi soir (21h)

Frédéric Brenon

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Un studio d'enregistrement a été aménagé dans la salle rock du Hangar à bananes.
Un studio d'enregistrement a été aménagé dans la salle rock du Hangar à bananes. — Blstr/ Le Ferrailleur
  • Réputé pour sa programmation rock-metal, le Ferrailleur est fermé depuis l'automne.
  • La salle a été réaménagée de fond en comble pour accueillir un plateau.
  • Chaque mois, elle diffusera une émission musicale mettant à l'honneur un groupe.

« C’est un peu fou fou comme projet mais, plutôt que de rester dans l’attente, on s’est dit qu’il fallait avancer. » Fermé depuis l’automne en raison de la situation sanitaire, le Ferrailleur va à nouveau faire parler de lui en proposant des concerts. Non, l’emblématique salle rock-metal du Hangar à bananes ne brave pas les interdits en ouvrant ses portes au public. Mais elle diffuse, à partir de ce lundi soir (21h), de véritables émissions musicales tournées dans ses locaux.

Pour cela, le Ferrailleur a été réaménagé de fond en comble pour se transformer en un studio de télévision. Un programme d’environ 1h15 mêlant interviews, reportages, séquences humoristiques et surtout  concert live d'un groupe sera diffusé chaque mois sur Internet (Facebook, Youtube, Vimeo). Pour commencer : les Nantais de Watertank.

« Tout le monde pourra accéder gratuitement »

Baptisé « la Télé du Ferrailleur », le projet, porté par le collectif d'acteurs culturels Tracass, vise à « renouer le lien entre les artistes et le public » en cette longue période de fermeture. « On veut mettre en avant la vitalité de la scène locale, explique François Montupet, responsable de la communication. Tout le monde pourra accéder gratuitement à l’émission en ligne. On espère que ça plaira. On essaie en tout cas de faire les choses proprement. En accordant évidemment un soin très particulier à la qualité du son. »

Pour l’occasion, un plateau a été créé en lieu et place de la fosse habituellement dévolue aux spectateurs. Conçu par la société nantaise de scénographie Chirac design, il a été habillé par un camouflage blanc de 350 m2. « L’aspect visuel n’a rien à voir avec avant. On voulait une ambiance un peu bulle qui ne ressemble pas aux codes des salles de concert en général et du Ferrailleur en particulier », justifie François Montupet.

« Dès qu’on pourra, on sera les premiers à rouvrir »

Le projet d’émission permet aussi de « faire travailler les équipes, les techniciens », de les soulager « financièrement et psychologiquement ». L’investissement a coûté 4.500 euros à Tracass. Il a été financé par une cagnotte de soutien lancée au printemps 2020. Les spectateurs peuvent toutefois apporter une contribution supplémentaire via la plateforme de dons Helloasso. « Ça peut être quelques euros, l’équivalent d’une bière… Le montant qu’ils veulent si l’émission leur a plu. »

Deux émissions sont déjà enregistrées. Les suivantes dépendront des capacités financières des organisateurs et de la situation sanitaire. « C’est une expérimentation liée à la période exceptionnelle, précise François Montupet. Il ne s’agit surtout pas de remplacer la musique live. Dès qu’on pourra reprendre avec du public, on sera les premiers à rouvrir ! »