Rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne : La mairie de Nantes réclame à son tour un référendum

FEUILLETON Un vœu est présenté ce vendredi au conseil municipal. Il demande à l’Etat d’organiser un référendum décisionnel sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne

Frédéric Brenon
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Manifestation de partisans du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.
Manifestation de partisans du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. — Maisonneuve/Sipa
  • Le conseil municipal de Nantes souhaite que l’Etat organise un référendum décisionnel sur la réunification bretonne.
  • Cette demande est motivée par l’existence d’une pétition de 105.000 signataires de Loire-Atlantique favorables à l’intégration de leur département en région Bretagne.
  • Sur le fond du dossier, la majorité municipale nantaise est divisée.

Après le conseil départemental de Loire-Atlantique en 2018, après les mairies de Saint-Nazaire et de Saint-Herblain en 2019, c’est au tour du conseil municipal de Nantes de présenter, ce vendredi, un vœu demandant à l’Etat d’organiser un référendum sur la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la région administrative Bretagne. La requête ne présume pas de la suite des événements mais, quand elle émane de la sixième ville de France, elle résonne différemment. « Quand Nantes s’engage, on l’écoute. Ça augmente forcément la pression sur l’Etat », se réjouit Christophe Prugne, président d’A la Bretonne, association qui défend la réunification de la Bretagne historique.

Ce vœu en faveur d’un référendum était une promesse électorale de Johanna Rolland, maire PS de Nantes. Il fait suite à une pétition ayant recueilli 105.000 signatures d’électeurs de Loire-Atlantique favorables à une consultation sur un départ de leur département en Bretagne. « Quand il y a une expression citoyenne de cette ampleur, on doit pouvoir lui donner une réponse démocratique », justifie Johanna Rolland, laquelle s’était déjà distinguée en décembre par l’ajout du drapeau breton sur la façade de l’hôtel de ville.

Besoin d’informations sur les conséquences

Pour aller plus loin, la mairie annonce qu’elle créera ensuite une instance visant à aider l’Etat à définir les modalités du fameux référendum et à présenter des « éléments d’information objectifs » sur les conséquences d’un éventuel rattachement à la Bretagne (économie, emplois, transports, institution…). « Il faudra permettre à tous de se forger un avis éclairé et de sortir des postures », considère Florian Le Teuff, adjoint au maire de Nantes en charge des enjeux bretons. Si lui est ouvertement « favorable » à la réunification, l’élu écologiste sait que la majorité municipale est divisée sur le fond. Johanna Rolland, elle-même, n’a pas caché qu’elle préférerait une coopération renforcée avec la Bretagne plutôt qu’un démantèlement de la région Pays-de-la-Loire.

Le groupe d’opposition de la droite et du centre, lui, se montre dubitatif sur ce vœu du conseil municipal. Ses élus jugent la demande « déconnectée » en pleine crise sanitaire et économique. Ils la jugent aussi « artificielle » puisque « le calendrier électoral ne permettra pas d’envisager un référendum avant le prochain quinquennat présidentiel » et que, par ailleurs, « Notre-Dame-des-Landes a montré aux habitants de Loire-Atlantique que les consultations n’étaient pas forcément suivies ». Le vœu a finalement été adopté, vers 10h30. Les élus LR et LREM ont choisi de s’abstenir.

Lundi prochain, c’est le conseil municipal de Rennes qui se prononcera sur la pertinence d’un référendum sur la réunification organisé par l’Etat.