Nantes : Lucie Jaulin et le vin, « une révélation » puis la distinction

RECOMPENSE A 22 ans, la Nantaise a obtenu la médaille d’or au concours du meilleur apprenti de France en sommellerie. Le monde du vin, elle l’a pourtant découvert il y a à peine deux ans

David Phelippeau

— 

Lucie Jaulin dans le restaurant Les Chants d'avril à Nantes.
Lucie Jaulin dans le restaurant Les Chants d'avril à Nantes. — CF/Les Chants d'avril
  • A 22 ans, Lucie Jaulin vient de remporter la médaille d’or au concours du meilleur apprenti de France en sommellerie.
  • Il y a encore deux ans, cette Nantaise ne connaissait pourtant quasiment rien au monde du vin.

Une passion soudaine, un apprentissage express. A 22 ans, Lucie Jaulin vient de remporter la médaille d’or au concours de meilleur apprenti de France en sommellerie. Une récompense inattendue pour cette Nantaise qui avait « des connaissances très sommaires sur le vin » il y a encore deux ans.

Lucie Jaulin, la médaille d’or au concours du Meilleur apprenti de France en sommellerie.
Lucie Jaulin, la médaille d’or au concours du Meilleur apprenti de France en sommellerie. - CF/Les Chants d'avril

Après un Bac ES et un DUT de technique de commercialisation, la native de Saint-Nazaire s’interroge sur son avenir, sur elle-même. « Ces études étaient trop générales pour moi. Je me demandais à quoi je servais. » Son histoire d’amour s’accompagne alors d’une « révélation ». « Mon compagnon était sommelier au restaurant Les Caudalies à Saint-Herblain. » Il l’initie au monde des arômes et lui apprend à déceler les différents cépages, appellations et domaines. « Je n’avais pas confiance en moi. J’ai appris à m’écouter en goûtant du vin, à dire mon ressenti. »

Elle découvre « un monde » qui lui était totalement étranger quelques semaines avant. Elle s’inscrit alors au centre de formation Henriman à Sainte-Luce et devient apprentie au restaurant les Chants d’avril, situé à Nantes et tenu par Christophe et Véronique François. Des rencontres décisives dans le développement de sa passion pour la sommellerie, qui ont surtout contribué à « éduquer son palais ».

18/20 au concours !

Embauchée en CDI dans le restaurant nantais, Lucie est désormais intarissable sur le vin. « Un vecteur d’émotions, de mémoire d’un terroir et du savoir-faire d’un vigneron qu’on peut difficilement aimer si on n’aime pas le partager. » Aujourd’hui, au chômage en raison de la fermeture des restaurants, les clients lui manquent. « J’aime ce contact humain. Il n’y a pas de clients inintéressants. Avec les néophytes comme les passionnés, tous les échanges sont très riches. Les questions, les remarques de certains nous poussent dans nos retranchements. » Et quel vin préfère la jeune femme ? Si elle avoue « un petit faible pour le bourgogne », « ma découverte, c’est le muscadet. Un produit dénigré depuis des années. On disait même qu’il servait à laver les carreaux car il était acide. Mais, il y a l’ère du renouveau pour ce vin avec l’arrivée de la biodynamie. Les sols du pays nantais sont très riches. »

En attendant, au concours du meilleur apprenti de France, la jeune femme a obtenu un admirable 18/20. Une note qui n’étonne pas son patron, Christophe François. « Quand on l’a recrutée, on avait vu ses yeux qui brillaient, sa soif d’apprendre. Lucie est très curieuse et s’intéresse à beaucoup de choses. » Le chef cuistot lui a « tout fait goûter en cuisine » pour conseiller au mieux sur les mariages mets/vin. Lucie : « Il y a des accords de similitudes, de contrastes, traditionnels ou plus originaux. On peut vraiment s’amuser au restaurant. » Et en faire profiter les clients.