La société Sigma a choisi d'organiser sa convention annuelle à distance, via le studio de télévision de Mprod.
La société Sigma a choisi d'organiser sa convention annuelle à distance, via le studio de télévision de Mprod. — F.Brenon/20Minutes

ADAPTATION

Nantes : Paralysé par la crise sanitaire, l’événementiel se réinvente en format télévisé

Frédéric Brenon

Spécialisée dans l'organisation de séminaires et salons, la société MProd a créé un studio pour permettre aux entreprises d'organiser leurs événements à distance

  • MProd produisait, avant l'arrivée du coronavirus, des événements professionnels et grand public.
  • Elle vient d’ouvrir un studio de télévision au Hangar à bananes.
  • Les entreprises peuvent louer le studio pour communiquer sur Internet.

« Quand il n’y a plus de boulot, il faut tenter de se réinventer. » En mars, la société MProd, basée à Nantes et à Boulogne-Billancourt, voit son activité s’effondrer à l’annonce du premier confinement. Spécialisée dans la création d’événements d’entreprise et grand public, elle se retrouve confrontée d’un coup aux annulations en série des salons, séminaires, soirées et réceptions qui la font vivre. « Les mois ont passé et ça ne s’améliorait pas, malgré une timide reprise en septembre, explique Aymeric Dargnies, cogérant de MProd. Il fallait se rendre à l’évidence : les événements en présentiel ne sont pas près de redémarrer. »

Le dirigeant se convainc alors que l’événementiel peut devenir digital en épousant le modèle d’une émission de télévision. « J’ai contacté la Maison Hebel, dont l’activité traiteur était aussi à l’arrêt, pour lui proposer de louer une partie de ses locaux ( Espace Titan) au Hangar à bananes, raconte Aymeric Dargnies. Et on y a installé un plateau de 130 m2, une régie, bref un véritable studio capable de répondre aux nouveaux besoins des clients. Beaucoup souhaitent continuer à communiquer à distance mais ne savent pas comment s’y prendre. » MProd leur propose donc des moyens techniques et des idées d’animations « sur-mesure », avec le personnel qui va avec.

« Echanger en temps réel avec un rendu très qualitatif »

Et ça marche. L’activité démarre tout juste en janvier mais, déjà, plusieurs entreprises (Total, Maisons du monde, AstraZeneca, Banque Populaire…) ont recours au format télévisé, que ce soit à Nantes ou à Boulogne-Billancourt, où MProd loue aussi un studio. La société d’informatique Sigma, qui emploie 700 salariés, a franchi le pas jeudi dernier. Sa convention annuelle, habituellement organisée dans une grande salle culturelle en présence d’un maximum de collaborateurs, s’est, cette fois, déroulée en tout petit comité, en studio, mais a été suivie en direct sur Internet par plus de 500 employés. Au programme : interventions orales, diffusion de vidéos tournées par MProd, le tout présenté par une animatrice professionnelle.

Dans le nouveau studio nantais de la société MProd.
Dans le nouveau studio nantais de la société MProd. - MProd

« On ne pouvait pas se réunir physiquement mais on ne voulait pas renoncer à cet événement collectif car on avait besoin de se retrouver, justifie Philippe Oléron, président de Sigma. Comment faire alors ? On a cherché des idées et ce format nous a convaincus. Il permet d’échanger en temps réel, de partager un moment positif, avec un rendu très qualitatif, très professionnel. »

Un studio avec du public après la crise ?

Aymeric Dargnies est ravi des premiers retours. « On a beaucoup de travail pour le début d’année. Je pense que ça va durer comme ça au moins jusqu’à l’été prochain. Après, j’espère que les événements en présentiel pourront reprendre. » Il pense quand même que le format digital restera d’actualité au-delà de la crise sanitaire. « La communication des entreprises s’est adaptée à la distance. Les habitudes sont en train de changer. Pourquoi pas un format hybride avec un plateau technique et du public juste à côté ? Des émissions de télévision fonctionnaient déjà comme ça. Ce serait bien. »

Au printemps, MProd s’était déjà distinguée en tentant de commercialiser des stands de désinfection pour les établissements recevant du public. Mais la formule n’a finalement séduit que « peu de clients ».