Nantes : Une bande débarque en force aux urgences du CHU pour faire évader un suspect

VIOLENCES Le suspect est parvenu à s'enfuir des urgences. Des policiers et des agents de l'hôpital ont été agressés

Frédéric Brenon

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Un véhicule de police devant les urgences du CHU de Nantes.
Un véhicule de police devant les urgences du CHU de Nantes. — Fabrice Elsner/20MINUTES

Après les fusillades et un kidnapping dans les quartiers nantais, c’est, cette fois, le CHU de Nantes qui est le théâtre d’une démonstration de force spectaculaire de malfaiteurs en ce début d’année 2021. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un groupe d’individus cagoulés a fait irruption aux urgences du bâtiment Hôtel-Dieu afin de permettre à un suspect interpellé par la police de s’échapper, rapporte la direction de l’hôpital, confirmant ainsi une information de Presse Océan.

L’homme en question, 23 ans, bien connu des services de police, avait été arrêté peu de temps avant, après avoir été surpris en train de rouler à vive allure, quartier Bellevue. Après s’être plaint d’un mal de ventre, il faisait l’objet d’un examen de santé aux urgences lorsque, vers 1 h, une équipe de huit hommes a débarqué pour le libérer malgré la surveillance policière.

Un complice arrêté

Des coups ont été échangés avec des policiers, ainsi qu’avec quatre agents de sûreté du CHU. Mais le suspect est parvenu à fuir avec les renforts, en endommageant les portes automatiques. A l’extérieur du CHU, « une quinzaine d’individus ont protégé la fuite » de cet homme, indique la police. L’un des complices, âgé de 21 ans, a toutefois été immobilisé et se trouve, depuis, en garde à vue.

Trois plaintes de fonctionnaires de police, dont l’un a été blessé au genou, ont été déposées ainsi que cinq par le personnel hospitalier pour violences.

« Ils sont entrés aux urgences comme dans un moulin »

« Le CHU de Nantes tient à souligner son entier soutien aux professionnels concernés qui ont su se mobiliser de manière exemplaire et tout particulièrement à l’équipe de sûreté de l’établissement », réagit la direction.

Cette évasion musclée a choqué le personnel hospitalier. La CFDT, syndicat majoritaire au CHU de Nantes, se dit « consternée et inquiète ». « On a déjà connu une agression similaire par une bande cet été sur l’hôpital Laënnec. Le niveau de violences à Nantes a augmenté et ça fait plusieurs mois que nos collègues de la sûreté réclament que le dispositif de sécurité soit renforcé. Les agresseurs sont entrés aux urgences comme dans un moulin, ou presque. Ce n’est pas sérieux. » Le syndicat réclame une réunion interne spéciale sur le sujet de la sûreté « dans les 48 heures ».