Nantes : Des dispositifs contre les trafics de stupéfiants expérimentés dans certains halls HLM

HABITAT Le bailleur Nantes Métropole Habitat mène une expérimentation pour soulager les locataires victimes d'occupations de halls. Deux dispositifs ont déjà été installés

Frédéric Brenon

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Un dispositif de sécurisation de hall d'immeuble expérimenté quartier des Dervallières.
Un dispositif de sécurisation de hall d'immeuble expérimenté quartier des Dervallières. — F.Brenon/20Minutes
  • L’expérimentation consiste à modifier les entrées d’immeubles où des occupations régulières sont constatées, généralement en rapport avec les trafics.
  • Des sas d’entrée et des brise-vue sont, notamment, ajoutés.
  • Le test est déjà mené aux Dervallières et au Breil-Malville.

Le meurtre d’un adolescent de 15 ans aux Dervallières, victime de coups de feu le 11 janvier au pied d’un bâtiment HLM, a mis en exergue l’exaspération des habitants de ce quartier populaire nantais face aux trafics de stupéfiants. Ils dénoncent les occupations de halls, les dégradations de matériels, les détournements de boîte à lettres, et, plus globalement, le sentiment d’insécurité face à la présence récurrente de dealers dans les parties communes de leurs immeubles.

« Il y a six ou sept cages d’escalier où l’on vit très mal aux Dervallières, confirme Ali Rebouh, adjoint de quartier à la mairie de Nantes. Les occupations de hall, c’est horrible à vivre, cela génère des nuisances voire pire, parfois des coups de feu. » La situation n’est pas nouvelle et concerne d’autres quartiers de la métropole, ainsi que la plupart des grandes villes françaises.

Sas double porte, brise-vue, brouilleurs…

Régulièrement interpellé sur ce sujet par des locataires, le bailleur social Nantes métropole habitat a décidé ces derniers mois de mener, en collaboration avec des architectes spécialisés, une expérimentation basée sur des aménagements techniques. Des sas avec double porte (l’une s’ouvre quand l’autre est fermée) sont ainsi proposés pour freiner les allées et venues sur certains halls, tout comme le remplacement de parois vitrées par des brise-vue afin d’éviter les observations depuis et vers la rue.

Une modification des entrées, un déplacement des boîtes à lettres et une sécurisation des accès aux locaux techniques sont également suggérés. Il est aussi question de brouilleurs d’ondes localisés pour rendre inopérantes les communications téléphoniques. « Il n’y a pas de réponse type. C’est du cas par cas en fonction de la configuration des lieux ou des problématiques », explique Nantes Métropole Habitat.

« Le dispositif a déporté le problème »

Deux dispositifs de ce type ont récemment été installés sur les quartiers Dervallières et Breil-Malville. Les travaux se sont déroulés sur une seule journée afin d’éviter les risques de perturbation du chantier. D’autres immeubles et d’autres quartiers nantais devraient suivre. « Nous évaluerons les résultats. Comme toute expérimentation, nous ne pouvons pas garantir que ça fonctionnera réellement sur la durée », commente-on chez Nantes Métropole Habitat. « Aux Dervallières, le dispositif a montré son efficacité mais il semble qu’il a déporté le problème », complète l’adjoint au maire Ali Rebouh.

Nantes Métropole Habitat rappelle que la lutte contre les points de deal n’est ni son objectif premier, ni sa compétence. Cette mission « relève de la police nationale ». « Notre but c’est de tenter d’apporter un cadre de vie plus respectueux et apaisé à nos locataires. C’est pour eux que nous agissons », précise le bailleur social.