Loire-Atlantique : Barça, NBA, les Bleus… La trajectoire folle de cette graphiste de sport

ART A 34 ans, Caroline Blanchet, habitante de Montbert en Loire-Atlantique, est devenue une référence en matière de graphisme sportif. C’est elle qui a « habillé » le calendrier 2021 de l’équipe de France de football

David Phelippeau

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Caroline Blanchet à son bureau.
Caroline Blanchet à son bureau. — David Phelippeau/20 Minutes
  • Caroline Blanchet, qui vit à Montbert, est une des étoiles montantes du graphisme sportif.
  • A 34 ans, en free-lance, elle collabore avec des instances internationales de sport, mais aussi des gros clubs de football et de basket.
  • Caroline Blanchet a par exemple « habillé » le calendrier 2021 de l’équipe de France de football.

Dans un secteur très concurrentiel, cette graphiste de sport a fait son trou et s’est créé un réseau digne d’une grosse agence de communication. A 34 ans, Caroline Blanchet peut se targuer d’avoir comme clients la NBA, la Fédération française de foot ou encore le FC Barcelone. Cette native de Cholet, qui a grandi dans la petite commune à Vezins, a par exemple imaginé le calendrier officiel 2021 de l’équipe de France de football.

De son bureau de Montbert en Loire-Atlantique, pendant un mois et demi, l’été dernier, avec ses deux ordinateurs, elle a retouché, détouré et composé avec des clichés de M’Bappé, Griezmann ou encore Giroud, et a instillé autour des Bleus « une atmosphère avec des lumières et des éléments graphiques », précise-t-elle. Un travail de création qu’elle réalise seule depuis 2013, année durant laquelle elle s’est mise à son compte.

Le calendrier 2021 des Bleus réalisé par Caroline Blanchet.
Le calendrier 2021 des Bleus réalisé par Caroline Blanchet. - Ptitecao

« J’étais en agence de communication à Maulévrier [Maine-et-Loire] avant, explique celle qui a obtenu un Bac L et suivi des cours dans une école de graphisme de Nantes (école Sepia à l’époque, école Brassart maintenant). Je faisais des créations graphiques sur tous les thèmes. » Pourtant, ce qui passionne Caroline, c’est le sport, et surtout le basket. En 2013, alors qu’elle est encore salariée, une agence de communication de Chicago, ayant vu ses créations sur les réseaux sociaux, lui propose un travail pour la NFL (football américain). Survient aussi une proposition de créations pour une grande salle de sports à Toronto.

La NBA l’a lancée…

« Ptitecao », son pseudo d’artiste, commence à se faire un nom en Amérique du Nord. A tel point qu’en 2014, grâce à un confrère installé à Londres, la grande NBA lui propose un test. « Un rêve forcément » pour cette fada de la balle orange et du club de Cholet. « J’avais carte blanche à partir d’une photo sur Kobe Bryant encore joueur. La Ligue américaine cherchait des graphistes du monde entier pour avoir différents styles. » Cette création très aérienne d’un Kobe Bryant en plein lay-up sera finalement retenue. « Je ne pensais pas qu’un jour je bosserais pour la NBA, avoue-t-elle maintenant. Je me suis même demandé si j’allais être à la hauteur au début. »

La première création pour la NBA en 2014.
La première création pour la NBA en 2014. - Ptitecao

Aujourd’hui encore, elle collabore pourtant toujours avec la puissante ligue séduite selon elle par « le côté dynamique, coloré et émotionnel » de ses créations. Des caractéristiques qui sont semble-t-il sa marque de fabrique. « C’est difficile de parler de son style et je n’aime pas trop ça, confie-t-elle modestement. Mais les gens me disent souvent qu’ils reconnaissent mes créations. »

La réputation de Caroline traverse alors l’océan Atlantique. La Fédération internationale de basket lui propose des projets pour des anniversaires de joueuses en 2014 puis l’Union européenne de football lui demande des portraits de joueurs emblématiques. La WTA (asso internationale de tennis féminin) fait aussi appel à ses services.

Le vestiaire du Barça « décoré » par Caroline Blanchet

Fin 2019, « c’est la grosse fierté » quand elle apprend qu’elle est retenue parmi neuf graphistes du monde entier pour une création sur la retraite de Tony Parker. L’année dernière, juste avant le premier confinement, le FC Barcelone lui demande de « rhabiller son vestiaire » avec des portraits de chaque joueur. D’avril à septembre, elle y consacre une grande partie de son temps dans son petit bureau de Montbert. « Pour la carte de visite, ce n’est pas rien… », sourit celle qui n’a jamais rencontré les grandes stars sur lesquelles elle a planché.

Le vestiaire du FC Barcelone avec les créations de Caroline Blanchet.
Le vestiaire du FC Barcelone avec les créations de Caroline Blanchet. - PtiteCao

Il y a quelques mois, une de ses œuvres tape dans l’œil des Chicago Bulls et est diffusée dans The last dance, le documentaire consacré à la légende du basket Michael Jordan. Une nouvelle reconnaissance pour Caroline, qui ne dira pas combien son métier de graphiste free-lance lui rapporte. « Un des défis de mon métier c’est de trouver des nouvelles idées, souffle-t-elle. Quand on est seul, ce n’est pas évident. Il faut savoir se remettre en question et se réinventer. »