Coronavirus à Nantes : « Situation critique » au Warehouse, la plus grosse discothèque de l’ouest

LA FETE EST FINIE Fermée depuis le 13 mars, la discothèque, installée sur l’île de Nantes, cumule « 700.000 euros de dettes »

Julie Urbach

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Quentin Schneider, cogérant du Warehouse sur l'île de Nantes
Quentin Schneider, cogérant du Warehouse sur l'île de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • En difficulté financière, le Warehouse cherche des solutions pour payer ses charges mensuelles.
  • La discothèque a invité des artistes locaux à mixer et lancé un appel aux dons.

La fête est finie depuis plus de dix mois maintenant. Au Warehouse, la célèbre discothèque du Hangar à Bananes, à  Nantes, les lumières sont éteintes et les enceintes sont rangées depuis le 13 mars, date du premier confinement. Pour autant, les factures continuent de tomber et notamment le loyer de celle qui se présente comme la plus grosse discothèque de l’ouest (3.000 m2), qui s’élève à… 55.000 euros, selon ses gérants. « Il faut continuer à payer alors que l’on nous interdit d’exploiter, se désole Quentin Schneider, DJ et cogérant du lieu. Les assurances ne nous aident pas mais il faut, elles aussi, les régler. Ajoutez les frais de maintenance, et on arrive à 70.000 euros par mois. »

En face, les aides sont maigres à en croire les gérants. A tel point que le Warehouse, qui programme environ 700 artistes et accueille près de 300.000 fêtards par an, se sent « complètement oublié », voire « déconsidéré » par le gouvernement. A peine « 80.000 euros » leur ont été versés et rien ne tombe depuis septembre, en raison de « retards administratifs ». Un PGE et la mise en chômage partiel des 15 salariés de l’établissement plus tard, la situation est aujourd’hui « critique » avec une dette qui explose.

Proposer des solutions

Ce qu’espère le Warehouse désormais, c’est que la métropole entre dans le jeu et puisse proposer des solutions. Une réunion pourrait avoir lieu dans les prochains jours. « On peut tenir si on nous paye les charges, mais le bailleur [Le Hangar à bananes] ne veut pas nous faire de cadeau, confie Quentin Schneider. On aurait aussi pu tenir si les discothèques avaient eu l’autorisation de rouvrir cet été, comme les bars et les restaurants, où les gens ont pu parfois faire la fête. Nous aussi nous sommes des chefs d’entreprise, nous faisons de la culture. Nous sommes importants pour la vie de la ville. »

Jean-Marie Nex, le promoteur du Hangar à Bananes, confirme que le Warehouse n’a jusqu’ici « pas versé un centime ». Mais le bailleur ne veut pas croire aux difficultés financières décrites par le club. « Ils ont reçu des aides, ils ont de la trésorerie, mais ils veulent bloquer leur argent, estime-t-il. Nous, on était prêts à négocier des allongements de paiement, mais cette demande n’a même pas été formulée. »

« Toujours vivants malgré tout »

« Pour montrer qu’on est toujours vivants malgré tout », l’équipe du Warehouse a lancé, depuis quelques jours, une série d’invitations à des artistes locaux pour venir enregistrer un mix dans leurs locaux, évidemment sans public. « On les diffuse ensuite sur nos réseaux pour soutenir ces artistes, qui souffrent aussi beaucoup de la situation, détaille Quentin Schneider. On a également mis en place un système de dons pour que les gens qui veulent nous soutenir puissent le faire. En décembre, on était vraiment au fond du trou, dans le flou total, à force de se faire balader par les annonces. Là, on ne sait toujours pas quand et si on rouvrira un jour, mais ça nous donne un peu de motivation pour nous battre. »

Début décembre, le président Emmanuel Macron avait exclu une réouverture rapide des discothèques. « On le fera au plus vite, mais tant que le virus circule de manière un peu intense, ce serait de la folie de faire ça », avait-il indiqué.