Nantes : Le mouvement Nantes en commun lance une école pour apprendre à « changer le monde »

ENGAGEMENT L'institut nantais d'études et d'action veut former des jeunes entre 15 et 25 ans

Julie Urbach

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Lors d'une manifestation pour le climat à Paris, en 2019. Illustration
Lors d'une manifestation pour le climat à Paris, en 2019. Illustration — CELINE BREGAND/SIPA
  • Le mouvement citoyen de gauche Nantes en commun recrute une douzaine d’étudiants pour lancer l’institut nantais d’études et d’action.
  • Objectif de la formation de six mois : apprendre « à agir sur le monde et le changer ».

Alors que le confinement semble encore compliquer la relation des jeunes à leurs études, une école un peu particulière s’apprête à ouvrir ses portes à Nantes. Dans deux semaines, une douzaine d’élèves entre 15 et 25 ans feront leur rentrée à l'Inea, l’Institut nantais d’études et d’action, afin d’apprendre « à agir sur le monde et le changer ».

Attention : la formation de six mois, accessible à prix libre et sans qualification particulière, ne délivre aucun diplôme reconnu et n’a qu’un statut associatif. « Les étudiants repartiront avec un socle de connaissances et une culture politique, avance l’équipe de l’Inea parmi laquelle on trouve Margot Medkour, candidate aux municipales à Nantes en 2020. Ils sauront comment agir et avoir un impact réel sur le monde qui nous entoure. »

Monter des actions concrètes

Lancé par des membres du mouvement citoyen marqué à gauche Nantes en commun, l’Inea proposera un programme de 20 heures par semaine, via cinq modules, entre éducation populaire et service civique. Décryptage de l’actualité et études de « stratégies d’action » donneront « des clés » aux étudiants pour qu’ils montent des actions concrètes, à Nantes. « Il pourra s’agir de donner la parole aux habitants, créer une mobilisation contre un projet d’urbanisme, organiser un festival, etc., détaille Fanny Maillet, en charge du cours « Apprendre pour agir ». Pour tout cela, il peut être nécessaire de savoir penser un plan de communication, monter un site Internet… »

En plus de sessions animées par des intervenants extérieurs (zadistes, collectifs de soutien aux migrants, acteurs de l’économie sociale et solidaire…), un créneau sera réservé à un « accompagnement personnalisé », pour que les étudiants réfléchissent à leur avenir, entre poursuites d’études ou projet professionnel.

« La dernière génération à pouvoir tout changer »

Ces nouveaux formateurs bénévoles, la plupart diplômés en sciences humaines et sociales, disent avoir acquis ces compétences davantage grâce à leur expérience militante que pendant leurs études. Et notamment lors de la dernière élection municipale où Nantes en commun, nouveau venu dans le paysage, a créé la surprise en réalisant près de 9% des voix. S’ils assument la vision politique qui guide leur démarche, ils veulent s’adresser à « la dernière génération à pouvoir tout changer » qui porte en elle, d’après eux, un « besoin de s’engager ».

Selon l’équipe de l’Inea, six jeunes gens ont déjà été sélectionnés pour faire partie de la première promotion, dont une bachelière de 18 ans. Les candidats intéressés ont jusqu’à lundi prochain pour se manifester.