Le bach de plus en plus tôt

david prochasson

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Les temps changent. Hier, les plus grands violoncellistes - Casals, Rostropovitch, Tortelier - attendaient l'âge de la maturité pour enregistrer les Suites de Bach. Aujourd'hui, une nouvelle génération, dont la Folle Journée se fait le reflet, s'empare d'un mythe. « C'est notre Graal, notre bible, explique la violoncelliste, Anne Gastinel. Au-delà de la perfection de la musique, les Suites de Bach ont été redécouvertes par Pablo Casals, une autre légende. »

Jusqu'à dimanche, pas moins de sept interprètes jouent chacun deux des six Suites. De jeunes solistes pour la plupart qui n'hésitent pas à bousculer les habitudes. « Pourquoi serait-il interdit de les jouer ?, demande Anne Gastinel. A trop attendre, on ne les fait jamais. » Âgée de 37 ans, la violoncelliste française a enregistré une interprétation saluée par la critique. C'était il y a un peu plus d'un an, quelques mois après la talentueuse version d'un autre soliste, Jean-Guihen Queyras, 41 ans. Un hasard ? « Oui et non. On est de la même géné­ration et on a eu la même envie au même moment », estime Anne Gastinel. Hasard cette fois, du calendrier, Tatjana Vassiljeva, 31 ans, publie cette semaine son intégrale toute en retenue. « Je me sentais prête, dit-elle. C'est une première version, il y en aura d'autres dans ma carrière. »

Ce week-end, la Cité des congrès fera découvrir des interprètes aux styles variés. Typique de l'école russe, Alexandre Kniazev exaltera le romantisme des Suites. A l'opposé des violoncellistes français comme Henri Demarquette, Jean-Guihen Queyras et Anne Gastinel : « On a beaucoup de points communs, admet cette dernière. Un jeu articulé, des changements de couleurs, de tonicité : ce sont des particularités très culturelles. »

Programme : www.follejournée.fr