Nantes : Ils lancent le Cyclomarché, une épicerie ambulante en vrac et à vélo

INITIATIVE Anaïs Blocaille et Mathieu Dréano, 30 ans, vont à la rencontre des habitants du sud de Nantes pour leur vendre fruits, légumes et produits secs

Julie Urbach

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Anais (à gauche) et Mathieu ont créé le Cyclomarché
Anais (à gauche) et Mathieu ont créé le Cyclomarché — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Deux anciens informaticiens ont lancé un service d'épicerie ambulante pour « pour retrouver du sens dans leur métier ».
  • Déjà lancées à Saint-Sébastien depuis quelques semaines, les tournées vont démarrer très prochainement à Rezé.

Il mesure à peine 2m50 de long mais commence à se faire une belle petite place à Saint-Sébastien-sur-Loire. Depuis quelques semaines, un drôle de vélo cargo sillonne cette commune du sud de l’ agglomération nantaise. Une fois à l’arrêt, il suffit de quelques secondes pour que ce deux roues orange, associé à une petite remorque, se transforme en une véritable épicerie en vrac. « Nous proposons environ 90 références, se félicitent Anaïs Blocaille et Mathieu Dréano, les fondateurs du Cyclomarché. Des fruits et légumes bien sûr, mais aussi des produits secs comme des céréales ou du café pour le petit-déjeuner, jusqu’aux pâtes, farine, ou mélanges apéro qui fonctionnent d’ailleurs très bien. »

Imaginé avant le premier confinement, le concept (inspiré d’une expérience lilloise) est devenu réalité en novembre après la réalisation de l’engin, dessiné par un architecte. Trois après-midi par semaine, le Cyclomarché effectue un parcours de quatre ou cinq étapes, d’une heure chacune. Ce jeudi, malgré le froid, une petite file d’attente se crée devant l’école Marie-Curie, où le vélo s’arrête entre 16 et 17h. Alexandre, en télétravail, s’accorde une petite pause pour remplir son sac d’une patate douce, d’une boîte d’œufs, et quelques fruits.

Mathieu et Anais ont créé le Cyclomarché
Mathieu et Anais ont créé le Cyclomarché - J. Urbach/ 20 Minutes

« On a déjà des habitués, sourit derrière son masque Mathieu Dréano, qui habite la commune. Certains nous ont vus de leur balcon et sont descendus voir. Au début, ils prenaient juste un potimarron ou une salade et au fur et à mesure, on les a vus revenir avec leurs bocaux. » C’est le cas de cette voisine : « Avant, on allait à Intermarché, mais le confinement a fait réfléchir, assure-t-elle. On a envie de soutenir la démarche, et de consommer un peu différemment, aller faire ses courses à pied. »

Bientôt de nouvelles tournées

Les deux jeunes entrepreneurs ont eux aussi dû changer leurs habitudes. Déjà collègues auparavant, ces deux anciens informaticiens ont plaqué leur CDI, à 30 ans, « pour retrouver du sens dans leur métier ». Tous les matins ou presque, ils rendent visite à leur réseau de producteurs du sud Loire pour s’approvisionner en mâche, pommes ou poires. Lentilles et quinoa viennent de Vendée, les biscuits de Bretagne, mais attention, ici, ce n’est pas du 100% bio et local. « On voulait que les prix soient abordables, justifie Anaïs Blocaille. On a par exemple des clémentines de Corse ou des citrons qui ne viennent pas du coin. Le panier moyen est de 10 ou 15 euros. »

A partir de la mi-janvier, le duo commencera des tournées à Rezé, les lundis et mercredis après-midi. A terme, et quand le travail en présentiel recommencera, ils espèrent trouver des bureaux au pied desquels ils pourraient s’installer le midi. D’ici à un an, si l’expérience est concluante, ils rêvent de la mise en circulation d’un deuxième Cyclomarché pour toucher encore davantage d’habitants de l’agglo.