Nantes : Le drapeau breton hissé à l’hôtel de ville, une « première étape »

BRETAGNE Le Gwenn Ha Du a été hissé pour la première fois dans la cour d'honneur de la mairie de Nantes ce jeudi. « Nous avons encore beaucoup à faire », annonce Johanna Rolland

Frédéric Brenon

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Le Gwenn Ha Du hissé dans la cour d'honneur de l'Hôtel de ville. Sans vent, le symbole est moins spectaculaire.
Le Gwenn Ha Du hissé dans la cour d'honneur de l'Hôtel de ville. Sans vent, le symbole est moins spectaculaire. — F.Brenon/20Minutes
  • Le drapeau breton n'était pas présent sur la mairie de Nantes avant ce 17 décembre 2020.
  • Son installation était un engagement électoral récent de la maire de Nantes.
  • Johanna Rolland promet maintenant de proposer un vœu au conseil municipal en faveur d'un référendum sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

L’histoire retiendra qu’il a été hissé à 11 h 20, accompagné d’un air de bombarde et de biniou, mais qu’il n’a pas pu flotter, faute de vent. Le Gwenn Ha Du, le fameux drapeau breton, a été installé pour la première fois dans la cour d’honneur de l’hôtel de ville de Nantes ce jeudi. Un geste purement symbolique mais attendu depuis de nombreuses années par les partisans de la réunification de la Bretagne et, plus largement, par les amoureux de la culture bretonne.

Parmi la centaine de personnes ayant assisté à l’événement, certains ne cachaient pas leur émotion. « C’est un moment fort ! Le résultat d’un long combat. Je ne voulais pas rater ça. Je pense que ça va faire avancer les choses auprès des autres communes pour aller vers la réunification », confie Yves, membre de l’association Bretagne réunie. « C’est superbe, confirme Armel, à ses côtés. Il faut maintenant que la population se réapproprie cette culture. Avoir des racines fortes à l’heure de la mondialisation, ça a du sens. » Joannic Martin, porte-parole du Parti Breton, relève que la Bretagne « est bien une réalité à Nantes ». « Cette identité a été niée durant des années par les responsables politiques, déplore-t-il. Ce drapeau est donc un début de réparation. »

Une demande en 2021 pour un référendum décisionnel

L’installation du Gwenn Ha Du était un engagement électoral récent de Johanna Rolland (PS). La maire de Nantes, qui considère que ce drapeau exprime des « valeurs d’ouverture et d’échanges », a annoncé ce jeudi que ce symbole était une « invitation à aller plus loin pour faire vivre la langue et la culture bretonne ». « Nous avons encore beaucoup à faire », promet-elle. Elle cite le soutien aux filières bilingues à l’école, le déploiement de nouvelles plaques de rues traduites, la coopération renforcée avec les collectivités bretonnes… Mais, surtout, Johanna Rolland s’engage à présenter en 2021 un vœu au conseil municipal demandant à l’Etat « l’organisation d’un référendum décisionnel » sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

« Je suis profondément attachée à l’expression des citoyens. Il y a eu une pétition importante. Elle doit trouver une réponse démocratique », justifie-t-elle, faisant référence à la pétition de 100.000 signatures manuscrites récoltée fin 2018 par l’association Bretagne réunie. « Hisser le drapeau n’est donc qu’une première étape ! se réjouit Denis devant l’hôtel de ville, un autocollant 44 = BZH sur la veste. Ce référendum va avoir lieu, j’y crois. Nantes est une ville qui pèse quand même. »

« Ça ne justifie pas d’aller casser la région Pays-de-la-Loire »

Interrogée lundi, la présidente de la région Pays-de-la-Loire, Christelle Morançais (LR), avait commenté l’installation du Gwenn Ha Du à Nantes avec bienveillance, sans toutefois envisager un éventuel départ de la Loire-Atlantique vers la région Bretagne. « La Loire-Atlantique ne peut pas balayer d’un revers de main son histoire. Il y a une culture bretonne, c’est important. Mais ça ne justifie pas d’aller casser la région administrative Pays-de-la-Loire qui fonctionne très bien. »

Historiquement situé en Bretagne, le département de Loire-Atlantique a été intégré dans la nouvelle région Pays-de-la-Loire lors d’un décret de 1956. Ce choix a, depuis, toujours été contesté. Reste que ce débat indémodable et clivant ne passionne pas l’ensemble des Nantais. Consultés via les réseaux sociaux, plusieurs lecteurs de 20 Minutes ont confié que ça ne leur faisait « ni chaud, ni froid ». « Ça ne va pas changer le monde », ironise Patricia.