Nantes : Un homme roué de coups par plusieurs individus après avoir tenté de récupérer lui-même une moto volée

VIOLENCES La victime, âgée de 52 ans, a été passée à tabac par plusieurs jeunes samedi à Rezé alors qu'elle tentait de récupérer une moto volée

Frédéric Brenon

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La police dans le quartier Château de Rezé (illustration).
La police dans le quartier Château de Rezé (illustration). — Police nationale

La vidéo, qui tourne sur les réseaux sociaux, montre une scène particulièrement violente. On y aperçoit un homme tenir un objet ressemblant à une machette faisant face à un groupe d’une dizaine d’individus à proximité d’une station de tramway. Percutée par l’arrière, la victime tombe au sol et finit par être rouée de coups. Les faits se sont déroulés samedi dernier, vers 19 h 15, quartier Château de Rezé, à Rezé, rapporte la police.

La victime, un homme âgé de 52 ans porteur d’un handicap physique, a reçu plusieurs coups de poing et de pied, ainsi qu’une pierre au visage. Il a repris connaissance à l’arrivée des secours. Il souffrait, notamment, d’une plaie importante au front.

Une moto volée à Bouguenais

D’après les premiers éléments de l’enquête, ce père de famille aurait tenté d’aller récupérer lui-même une moto volée le jour même à Bouguenais, près de la station de tram Grande Ouche. Cette moto, qui appartenait à son fils de 16 ans, se trouvait bel et bien au Château de Rezé quelques heures après le vol. Mais plusieurs individus entouraient le véhicule et empêchaient le père de la famille de la récupérer.

Lorsque la situation a commencé à s’envenimer, d’autres jeunes sont sortis des immeubles voisins. Sur la vidéo, des menaces de mort visant le père de famille sont proférées par des témoins. La sûreté départementale a ouvert une enquête concernant l’ensemble des faits.

La maire de Bouguenais, Sandra Impériale (soutenue par LREM aux récentes élections municipales), s’est indignée des violences visant l’un de ses administrés. « L’ultra violence de ce lynchage m’interroge sur les raisons qui ont pu pousser la victime à décider de se rendre en personne afin que lui soit restituée la moto de son fils. Une telle démarche montre que des victimes d’agressions ou de vols ne croient plus ni dans les forces de l’ordre, ni dans la justice, pour obtenir réparation de leurs préjudices. Cette attitude, quasi suicidaire, est préoccupante. »