Nantes : Après une année noire en 2019, les fusillades sur fond de drogue diminuent fortement

SECURITE Les autorités se réjouissent du bilan 2020 de la délinquance dans les quartiers nantais. Tout n'est pas rose pour autant

Frédéric Brenon

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Une opération de police dans le quartier Bellevue.
Une opération de police dans le quartier Bellevue. — F.Elsner/20Minutes
  • Les règlements de compte par arme à feu ont été divisés par deux en 2020. Le volume d’armes saisies a également augmenté.
  • Le confinement facilite ce bon résultat. Mais les efforts de la police et de la justice finissent par payer, considère le procureur.

Certes, le confinement a permis une « baisse significative » des faits de délinquance au printemps. Mais, après une année noire en 2019, le bilan pour 2020 en matière de lutte contre les trafics de drogue, les trafics d’armes et les coups de feu est tout de même « assez satisfaisant » à Nantes, annonce ce jeudi le procureur de la République de Nantes à l’occasion d'une réunion du Groupe local de traitement de la délinquance (GLTD), lequel réunit la police, la justice et la mairie.

Les règlements de compte recensés, « presque toujours liés au trafic de stupéfiants », illustrent cette tendance : au nombre de 35 depuis janvier, ils diminuent de moitié après avoir connu « quatre années consécutives de hausse » jusqu’au paroxysme de 2019 marquée par 64 fusillades et trois morts. Le nombre d’armes saisies en 2020 (une centaine dont 54 armes d’épaule parmi lesquelles les fameuses Kalachnikovs) est également en hausse et « dix fois plus élevé qu’en 2016 ».

Davantage de présence, davantage d’outils à disposition

« Ce résultat est le produit du travail sans relâche de la police et de la justice », se félicite le procureur Pierre Sennès. Il explique que des services ont été « renforcés », notamment dans la police. Que les enquêteurs « attaquent le trafic dans sa globalité, de la tête du réseau jusqu’aux petits deals de rue ». Pascal Gontier, directeur interrégional adjoint de la police judiciaire, relève les bienfaits mécaniques du travail judiciaire réalisé après la série de règlements de compte de l’an passé (45 suspects mis en examen et 35 écroués) : « On peut penser que les personnes en détention provisoire sont nettement moins nuisibles en maison d’arrêt qu’à l’extérieur ».

L’adjoint au maire en charge de la sécurité, Pascal Bolo (PS), vante, lui, le « travail partagé et coordonné » et constate que les policiers « investissent davantage » les quartiers. Il considère que l’installation de caméras de vidéoprotection et la création d’une Maison de la tranquillité publique sont des « aides puissantes » qui finissent « par payer ».

Le trafic de drogue se réorganise

Tout n’est pas rose pour autant. Les quartiers Bellevue, Dervallières et Malakoff demeurent ceux qui « préoccupent le plus » les autorités. Dans les quartiers Nantes-nord, une « recrudescence des trafics de drogue » est observée. Le développement de la livraison de stupéfiants à domicile, moins visible que le deal de rue, et le commerce de nouveaux produits, comme le médicament Rivotril​, inquiètent. De même que l’approvisionnement en armes, grâce aux filières d’Europe de l’est ou aux cambriolages chez des collectionneurs.

« Il ne faut pas tomber dans l’angélisme. Tout cela est un éternel recommencement », prévient Pierre Sennès. « Il y a encore du chemin à faire », concède Pascal Bolo. De leur côté, malgré des recrutements obtenus, les syndicats dénoncent toujours des effectifs de police « insuffisants » et des équipes « débordées », en particulier au sein de l’antenne de la police judiciaire de Nantes.