Nantes : Le fabricant de vélos triporteurs Nihola tourne à plein régime

MOBILITE Le constructeur est obligé de recruter pour répondre aux commandes. Sa fin d’année est d’ailleurs extrêmement chargée en raison d’un marché décroché en Ile-de-France

Frédéric Brenon
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Un triporteur en cours de montage chez Nihola France, à Couëron, près de Nantes.
Un triporteur en cours de montage chez Nihola France, à Couëron, près de Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Nihola est le principal fabricant français de vélos triporteurs.
  • Le marché décolle, notamment grâce aux commandes publiques.
  • La société vient d'être rachetée par un distributeur de vélos hollandais.

Alors que de nombreuses entreprises tournent au ralenti en raison de la crise sanitaire, l’ambiance est toute autre chez Nihola, à Couëron, à l’ouest de Nantes. En cette fin d’année, le fabricant de vélos triporteurs est en effet au four et au moulin pour répondre à la forte demande. La société, qui compte sept salariés d’ordinaire, a dû recruter quatre intérimaires pour faire face.

Il faut dire que le marché des véloporteurs décolle depuis deux-trois ans, que ce soit auprès des particuliers ou des professionnels. « Ça ne fait pas de bruit, ça ne pollue pas, c’est sans effort grâce à l’assistance électrique. Surtout, ils représentent un vrai gain de temps quand on se déplace en ville. Pour les professionnels, c’est aussi un élément de différenciation et un capital sympathie non négligeable », explique Aymeric Dargnies, cofondateur de Nihola France.

Robustesse, maniabilité et made in France

Son atelier en a vendu environ 300 l’an passé. Dont la moitié au profit de collectivités. Un segment qui se développe très fortement, lui aussi, « grâce à une prise de conscience politique, amplifiée par les élections municipales ». Et après avoir conçu les triporteurs publics de Nantes (Bicloo) et de Strasbourg, Nihola a décroché la commande de 120 triporteurs à usage familial pour la région Ile-de-France. A livrer avant le 31 décembre. « Paris, c’est notre plus gros marché. On est super fiers. C’est une belle vitrine de notre savoir-faire. On espère que, derrière, ça donnera des idées à d’autres collectivités ». D’autres villes, comme Lille, sollicitent aussi Nihola pour des vélos cargos destinés à la propreté urbaine, voire pour de l’événementiel.

Aymeric Dargnies, cofondateur de Nihola France.
Aymeric Dargnies, cofondateur de Nihola France. - F.Brenon/20Minutes

Si la marque d’origine danoise séduit malgré des tarifs assez élevés (en moyenne 3.500 euros pour un triporteur) et un secteur de plus en plus concurrentiel, c’est d’abord grâce à sa réputation de vélos robustes et particulièrement maniables. « La malle est fixée au cadre et ne tourne pas avec le guidon. Seules les roues tournent. Il y a une sensation de fluidité et de stabilité qui fait le succès des vélos Nihola », considère Aymeric Dargnies. L’image du « made in France » attire aussi. Le vélo est entièrement assemblé à Couëron et la majorité des pièces sont conçues en Loire-Atlantique. Notamment le cadre, « ceintré et soudé à la main de manière très méticuleuse ». Le dérailleur, les pneus ou le pédalier proviennent d’Asie.

Un mariage pour « grandir »

Dans ce contexte prometteur, Nihola France s’apprête à « changer de dimension » puisqu’elle vient d’être rachetée par Amsterdam Air, spécialiste du vélo hollandais, basé à Boufféré, près de Montaigu (Vendée). La marque Nihola survivra mais l’activité sera transférée de Couëron à Boufféré courant janvier. « Il fallait qu’on change de braquet, justifie Aymeric Dargnies, qui restera dirigeant. Ce mariage nous donnera davantage de moyens, il nous permettra de grandir, notamment sur le plan de la communication et du marketing. On va devenir un acteur important. »

Une situation difficile à imaginer il y a onze ans lorsque Nihola s’était lancé discrètement en France. « Au Danemark, il y avait déjà des triporteurs partout. On croyait que ça allait cartonner chez nous aussi ! », se souvient Aymeric Dargnies. Mais, en fait, pas du tout. « Le marché français n’était pas mûr, analyse-t-il avec du recul. Proposer un vélo à 2.300 euros qui n’était pas électrique à l’époque, c’était trop cher, trop original. On a connu comme ça huit années délicates. Aujourd’hui, ça n’a rien à voir, le potentiel est colossal. Nos ventes annuelles se comptent en centaines pour l’instant mais je pense qu’on arrivera à 2.000 d’ici deux à trois ans. »