5G à Nantes Métropole : Première phase du débat public lancée jeudi, décision finale au printemps

TELEPHONIE La collectivité dévoile les contours du débat public préalable au lancement de la 5G dans la métropole. Aucune décision ne sera prise avant le printemps

Frédéric Brenon

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La 5G est déjà accessible en France mais pas encore dans l'agglomération nantaise.
La 5G est déjà accessible en France mais pas encore dans l'agglomération nantaise. — Wang Jianfeng / Costfoto/Sipa US

« Engagement pris, engagement tenu ». Après en avoir fait la promesse à l’occasion des élections municipales​, la majorité (PS, EELV) de Nantes métropole lance cette semaine le débat public préalable au lancement de la 5G dans l’agglomération nantaise. Si cette nouvelle technologie de téléphonie mobile est active depuis quelques jours dans certaines villes françaises, les opérateurs se sont résolus à ne rien entreprendre à Nantes avant la tenue de ce débat réclamé par la collectivité. Ce qu’il faut savoir.

Quel est l’objectif de ce débat public ?

« Le but de ce débat c’est de regarder l’avenir doit dans les yeux et de jouer carte sur table avec les citoyens », résume Johanna Rolland (PS), présidente de Nantes métropole. L’idée est bien d’interroger la population sur ses attentes et inquiétudes concernant les conséquences de la 5G sur la santé, sur l’emploi et l’économie, sur l’écologie, sur la souveraineté industrielle et sur les usages, explique la collectivité, laquelle regrette que l’Etat n’ait « pas organisé de débat national plus tôt ». A l’issue des échanges, Nantes métropole « prendra position » et rendra une « décision »

Quand aura-t-il lieu ?

Il se déroulera en deux étapes. Tout d’abord, du 10 décembre à mi-janvier, un groupe de travail pluridisciplinaire aura pour mission d’élaborer les contours du débat, sous la houlette de la Fing, une association de réflexion sur le monde numérique, désignée garante de la « neutralité du débat ». Le débat public à proprement parler débutera en février 2021 pour une durée prévisionnelle de deux mois. La décision tant attendue devrait donc être dévoilée au début du printemps. C’est à peu près le même délai à Rennes, où une consultation similaire est également lancée​.

Quelle sera sa forme ?

Quelles questions posées ? Par quels moyens ? Dans quel territoire ? Il est trop tôt pour le dire puisque ce sera justement le job du groupe de travail de définir les modalités des échanges. Composé de représentants du monde économique, scientifique, environnemental, associatif ou même de collectivités, ce groupe se veut « ouvert d’esprit » et « représentatif d’une diversité ». Nantes métropole répète qu’elle souhaite un débat « mature et apaisé ».

A quel type de décision faut-il s’attendre ?

Trois options sont envisageables : un refus ferme de la 5G, un oui sans réserve ou un « déploiement régulé », c’est-à-dire un oui assorti de limites réglementaires. Des préconisations seront aussi émises. Au-delà des arguments échangés, le contexte politique aura forcément son importance. D’autres villes, comme Lille, Rennes ou Strasbourg ont, elles aussi, décidé d’un moratoire sur la 5G et leurs décisions respectives sur le sujet pourraient avoir une influence. Dans la majorité métropolitaine, les écologistes se montrent peu emballés par la 5G. Au cours du mandat précédent, Johanna Rolland avait autorisé l’expérimentation de cette technologie nouvelle dans la métropole.

Quelles conséquences sur les opérateurs ?

Pour l’instant, les opérateurs, soucieux de ne pas froisser Nantes métropole, respectent le temps du débat. Johanna Rolland a d’ailleurs salué ce lundi leur « esprit de responsabilité ». Et même si attendre le printemps leur paraîtra long, on les voit mal n’en faire qu’à leur tête dans ce délai. En revanche, une fois la décision prise, les communes auront peu de moyens réglementaires pour les empêcher d’activer la 5G, si telle était la conclusion du débat. Les opérateurs Orange et SFR, par exemple, disposent déjà d’une vingtaine d’antennes-relais opérationnelles. Et refuser une installation d’antenne sur un bâtiment public ne peut se faire qu’au titre des règles d’urbanisme et non pas en vertu d’un principe de précaution. « S’ils veulent passer en force, je pense qu’ils le pourraient », reconnaît Franckie Trichet, vice-président de Nantes métropole.