Nantes : Pourquoi la mairie ne recrute que 29 policiers municipaux sur les 70 promis

SECURITE Le conseil municipal a autorisé le recrutement de 29 agents supplémentaires en 2021. Un chiffre jugé « insuffisant » par l’opposition

Frédéric Brenon

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Des policiers municipaux à proximité de la mairie de Nantes.
Des policiers municipaux à proximité de la mairie de Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Lors de sa réélection, Johanna Rolland à la mairie de Nantes avait promis la création de 70 postes de policiers municipaux supplémentaires d’ici à 2026.
  • Or la ville lance le recrutement de 29 policiers en 2021.
  • Le manque de candidats formés l’empêcherait d’en embaucher davantage pour le moment.

Considérant que la ville a « un rôle important à jouer aux côtés de l’Etat » dans le domaine de la sécurité publique, la maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), a promis la création de 70 postes de policiers municipaux supplémentaires d’ici à la fin du nouveau mandat (2020-2026). Ce vendredi, le conseil municipal a ainsi autorisé le recrutement de 29 policiers municipaux (25 agents et 4 chefs de service) dès 2021. Un chiffre qui, même s’il ne constitue qu'une « première étape », est jugé largement « insuffisant » par l’opposition municipale, compte tenu de la croissance des incivilités et de la délinquance à Nantes.

Pascal Bolo (PS), adjoint au maire en charge de la sécurité, a justifié ce chiffre de 29 en expliquant que des « difficultés de recrutement » dans ce secteur professionnel empêchaient d’embaucher davantage de policiers pour 2021. « Il y a en ce moment en France des appels à candidatures qui dépassent le vivier disponible d’agents municipaux formés. Au moment où nous sommes, créer 29 postes c’est la réalité de ce qui est matériellement possible de faire. Il faut être transparent », explique Pascal Bolo, lequel précise être « également très attentif au profil des recrues ».

Echanges houleux sur l’armement

Travail le week-end, risques du métier et image impopulaire font partie des principaux freins aux candidatures. Le salaire, lui, n’en serait pas un, selon Pascal Bolo. « La rémunération que nous proposons [2.200 euros nets mensuels pour un brigadier] est dans la moyenne », assure-t-il. Un point contesté par des policiers municipaux réclamant le versement de l'IAT, une prime facultative octroyée dans certaines municipalités.

Le conseiller municipal Foulques Chombart de Lauwe (LR) a fait valoir un autre argument ce vendredi, celui de l’absence d’arme à feu. « Ce qui les retient aujourd’hui de candidater c’est parce qu’ils craignent pour leur vie. Certains m’ont raconté leur angoisse de ne pas retrouver leurs enfants chez eux le soir parce qu’ils sont devenus des cibles. Les délinquants ne font pas la différence entre un policier municipal et un policier national. Il faut donc les protéger. Armez-les madame le maire ! Donnez-leur les moyens de nous protéger face à des fusillades à répétition, face au risque terroriste. Ils n’accepteront pas éternellement d’assurer des missions périlleuses avec des cure-dents. »

Les horaires critiqués

Une prise de parole qui a fait bondir Johanna Rolland. « Osez dire que les policiers municipaux nantais sont protégés avec des cure-dents, je ne peux pas laisser passer une expression de cette nature ! Un groupe de travail a travaillé pendant plus d’un an à une amélioration de leurs conditions [gilet pare-balles amélioré, pistolet à impulsion électrique…]. Le débat sur l’armement a eu lieu pendant la campagne municipale, en toute transparence. Les Nantais ont tranché. »

Au cours de cette délibération, les élus d’opposition ont également pointé du doigt l'amplitude horaire des policiers municipaux (6h30 à 2 heures), laquelle a pourtant été élargie. La République en marche et Les Républicains réclament une présence nocturne.

La ville de Nantes dispose à ce jour de 115 policiers municipaux. Une vingtaine d’agents travaillent également dans le centre de vidéo-protection (CSU) gérant 138 caméras dans la métropole. Par ailleurs, une brigade métropolitaine des transports doit également être créée mais elle ne sera pas opérationnelle avant février 2021 au plus tôt. Le recrutement de ces 32 policiers municipaux spécialisés dans la sécurisation du réseau Semitan a pris du retard en raison, là encore, de « difficultés de recrutement ».