Incendie de la cathédrale de Nantes : La dépollution de l'édifice, une « opération complexe », démarre

RESTAURATION Dans les prochains jours, dépollution, déblaiement et nettoyage des suies vont démarrer dans la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes

J.U.

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La cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, lors de l'intervention des pompiers
La cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes, lors de l'intervention des pompiers — Mathieu Pattier/SIPA
  • Une grosse opération de dépollution va être menée dans l'enceinte de la cathédrale de Nantes, jusqu'en février.
  • Une étape indispensable avant de nouvelles opérations de diagnostic sur l’état de la cathédrale, en particulier des voûtes et de la tribune.

Plus de quatre mois après le sinistre, un chantier « important » se prépare dans la cathédrale de Nantes, touchée par un important incendie. A partir de lundi et jusqu’à fin février, une grosse opération de dépollution va être menée dans l’enceinte de l’édifice, qui présente un taux anormalement élevé de plomb. Une étape indispensable aux travaux de restauration à proprement parler.

Ces derniers mois en effet, des analyses ont été menées en plusieurs points de la cathédrale Saint-Pierre, dont la fermeture totale a été décidée. « Il en ressort que celle-ci est largement touchée par une pollution au plomb, due notamment à la combustion des tuyaux du grand orgue, présente sur le sol, les murs ainsi que sur les objets mobiliers », a conclu la direction régionale des affaires culturelles des Pays-de-la-Loire, qui s’accompagne d’un cabinet spécialisé en la matière. Des unités mobiles de décontamination ont notamment été installées. D’autres sont attendues sur le parvis.

Déblaiement et nettoyage

Car en parallèle, les équipes vont procéder au déblaiement de la tribune d’orgue, où sont encore présents « un grand nombre de vestiges de l’instrument et du buffet ». Il s’agit là encore d’une opération jugée « complexe », qui demande l’installation d’échafaudages et l’emploi de machines de levage, détaille la Drac. Aujourd'hui «enchevêtrés comme un gigantesque mikado», les débris seront minutieusement triés, avec l'espoir de retrouver des fragments de vitraux et des morceaux de sculptures du buffet d’orgue. La police judiciaire devra aussi les examiner, dans le cadre de l'enquête qui se poursuit.

Dans la même zone, la semaine dernière, deux restauratrices spécialisées sont venues procéder au nettoyage des suies sur les tombeaux de François II et Marguerite de Foix, celui de Lamoricière, et sur les autres sculptures présentes dans la cathédrale. « Cette opération est urgente car les dépôts de cendres et suies causés par l’incendie peuvent, à moyen terme, tacher la surface des marbres ».

A l’issue de la dépollution, de nouvelles opérations de diagnostic sur l’état de la cathédrale, en particulier des voûtes et de la tribune, doivent être menées. Fin août, les autorités avaient indiqué qu’une réouverture partielle du monument pouvait être envisagée pour 2021.