Le mouvement royaliste garde la tête sur les épaules

Antoine Gazeau

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« Au roi et vite ! » La mention noircit souvent leurs bulletins de vote. Le slogan sera sans doute aussi repris dimanche midi, lors de la commémoration de la mort de Louis XVI. Comme chaque année, une centaine de royalistes déposeront une gerbe au pied de la colonne érigée place Foch, à Nantes, en l'honneur du souverain guillotiné le 21 janvier 1793 et des « martyrs de la Révolution ». La statue est l'un des rares monuments en France dédiés au roi. « Louis XVI fut notre souverain le plus réformateur, soutient Richard d'Amphernet, président de l'Union royaliste Bretagne Vendée militaire (URBVM), qui réunit quelque 45 adhérents et souhaite le retour en grâce de la branche française de la famille royale. Ce week-end, nous voulons montrer l'unité de notre mouvement. »

A Nantes, il compte moult sympathisants, dans les cercles catholiques traditionalistes notamment : le seul fichier utilisé pour les conférences locales réunit près de 1 500 noms. Mais si, sur les terres des guerres de Vendée, le royalisme de commémoration s'avère important, le courant compte ici moins de militants qu'à Paris ou Marseille. « Comme les autres partis, nous manquons de forces vives. Dès qu'il s'agit de passer aux actes, il y a moins de monde... » Patriotique, « pas nationaliste », défenseur du « bien commun plutôt que du très républicain intérêt général », Richard d'Amphernet n'en est pas moins optimiste. « Le royalisme est une force avec laquelle il faudra compter à l'avenir », affirme-t-il. Ne lui reste plus qu'à convaincre plus de jeunes : la cérémonie de dimanche aura aussi des allures d'opération séduction. ■