« Nous ne vivons pas dans les livres d'histoire »

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Est-ce qu'être royaliste a un sens aujourd'hui ?

Plus que jamais. La crise actuelle n'annonce pas d'amélioration sur les questions financières ou communautaires. L'émergence d'un roi, au-dessus des puissances de l'argent, qui ne dépende pas de l'opinion, apporterait la stabilité dont le pays a besoin. Nous ne vivons pas dans les livres d'histoire : notre combat est politique.

Quelle forme prend-il concrètement ?

Avec l'Institut nantais historique et littéraire, nous mettons en place des conférences. Nous organisons aussi des visites alternatives du musée du château des Ducs, qui prétend en filigrane que les noyades de Nantes n'ont jamais existé. On a par ailleurs failli présenter une liste aux municipales en 2008. Mais il est trop tôt : nous ne sommes pas assez nombreux. Inutile de ridiculiser un mouvement royaliste avec 2 % des voix aux élections.

Votre cause séduit pourtant du monde dans la région...

Oui, mais nous sommes confrontés à un paradoxe : les sympathisants qui nourrissent une quelconque ambition ont tout intérêt à dissimuler ces accointances. La République ne donne de l'argent et du crédit qu'aux républicains ! Et il manque encore un courant intellectuel fort pour défendre notre voie. Disons que nous ne sommes pas logistiquement préparés à un retour du roi dans l'immédiat... Mais nous avons foi en l'avenir. ■ Recueilli par Antoine Gazeau