« Au-delà des apparences »

Recueilli par David Prochasson

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Pourquoi un film sur le navigateur Loïck Peyron ?

Parce que je pense qu'il a un « truc » particulier. Je me le suis dit notamment en 2002, lors de la Route du Rhum : lorsque la tempête s'est abattue au large des Canaries, il a filmé son bateau en train de se disloquer. C'est quelqu'un de très novateur. En 1989, pour le premier Vendée globe, il avait déjà réalisé des images à bord.

Quelles facettes du personnage montrez-vous ?

La vraie personne, plus complexe et passionnée que son image médiatique, où il paraît pour certains sûr de lui et arrogant. C'est un très bon communicant, les médias lui ont servi - il le reconnaît - mais il en a marre de tout ça. J'ai voulu faire un film humain, une tranche de vie au-delà des apparences.

Est-ce un documentaire pour les seuls amateurs de voiles ?

Non. Il raconte surtout qu'aller au bout de ses rêves est compliqué. Être marin, c'est aussi passer 80 % du temps à terre, à préparer ses bateaux et à chercher des sponsors.

L'argent demeure le nerf de la guerre ?

C'est toute la question du film et celle de Peyron. Après son naufrage, il a modifié sa manière d'aborder la course. Il pensait avoir pris trop de risques et surtout, il ne voulait plus se battre pour des marques. Puis, il est reparti avec une écurie : un marin a besoin de naviguer au risque de se compromettre.

Quels sont ses rêves ?

Son voeu pieux est de courir à l'ancienne, sans les contraintes du marketing. A côté de ça, il a toujours en projet de faire le tour du monde en moins de 50 jours et de dépasser les 50 noeuds en bateau. Il a plein d'envies, sait qu'il ne fera pas tout. Mais ne sait pas renoncer.