« Des locaux de dépannage »

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A Malakoff, les musulmans prient dans une ancienne chapelle. Dans les quartiers nord, c'est un bâtiment délabré qui accueille, depuis 1992, les fidèles. « Ce sont des locaux de dépannage, absolument pas adaptés au culte », prévient Mohamed Boukhris, président de l'association culturelle musulmane de Nantes nord. Rue des Renards, tout est exigu. On entre dans un labyrinthe de pièces, aménagé pour répondre aux besoins. Sans fenêtre ni aération, deux bureaux en vis-à-vis étouffent. La salle multimédia fait office de lieu de prière pour les femmes. « On n'y met pas plus de trente personnes, explique Mohamed Boukhris. Les femmes prient chez elles, pour la plupart. »

Les jours de prêche, les plus chanceux prient à l'intérieur. Les autres sont obligés de rester dans le froid : « Il faut vraiment arriver tôt pour avoir de la place, les gens le savent. » Au fond, la construction d'une véranda a permis de grignoter quelques petits mètres carrés. Recouvert de plastique ondulé, le faux plafond peine franchement à masquer les fuites d'eau. Avant la prière, les femmes font les ablutions dans des toilettes amménagés à l'extérieur, les hommes dans une pièce de 4 m2. Une promiscuité difficile à vivre lorsque 200 à 300 personnes s'y succèdent le vendredi. ■ D. Pr.