Confinement à Nantes : « Le rebond devra être fort… » Comment les Machines de l’île gèrent la crise (et préparent leur retour)

CULTURE Le site touristique et culturel de Nantes aura été fermé au minimum six mois en 2020. Une situation inédite

Frédéric Brenon
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Les Machines de l'île sont fermées pendant le confinement.
Les Machines de l'île sont fermées pendant le confinement. — F.Brenon/20Minutes
  • En raison des confinements et restrictions sanitaires, la fréquentation des Machines s’est écroulée en 2020.
  • Le site nantais espère pouvoir rouvrir pour les vacances de Noël.
  • L’ambition demeure élevée pour 2021 et le projet d’Arbre aux hérons.

Comme de nombreux acteurs de la sphère culturelle et touristique, les Machines de l'île vivent une année 2020 extrêmement compliquée. Si l’on tient compte du mois de novembre en cours, le site le plus visité de l’agglomération nantaise aura été fermé a minima six mois sur douze. Et encore, sa réouverture en décembre paraît très incertaine. Comment fait-il face à la situation ? Et comment envisage-t-il l'avenir ? Le point avec son directeur, Pierre Oréfice.

La plupart des salariés en chômage partiel

Depuis le début du reconfinement, c’est le calme plat aux Machines. Le site est fermé au public, comme au printemps. « Tout le personnel [une centaine de CDI] est en chômage partiel, explique Pierre Oréfice. On a gardé uniquement les salariés qui sont utiles à la mise en sécurité et à l’entretien de la galerie et de l’éléphant. Par jour, il doit y avoir 6 à 8 salariés tout au plus. On tient à respecter scrupuleusement les consignes sanitaires. »

Quelques sorties surprises

Certains riverains se sont peut-être étonnés de croiser l’éléphant en sortie sur l’esplanade, malgré la fermeture. « On le fait tourner une fois par semaine. On fait tourner également une fois chaque semaine le Carrousel pour ne pas qu’il se fatigue à rester immobile. On s’est rendu compte que, si on arrête longtemps une machine, quand on la redémarre, on a des problèmes. » Tant mieux pour les quelques spectateurs imprévus. « Ils sont tout contents de les voir bouger, s’amuse Pierre Oréfice. Il y avait la même joie au printemps dernier. »

Le Grand éléphant des Machines de l'île, le 17 juillet 2020.
Le Grand éléphant des Machines de l'île, le 17 juillet 2020. - M.Fourmy/Sipa

Fréquentation en forte baisse

Après avoir établi un record avec près de 740.000 entrées en 2019, la fréquentation 2020 s’annonce évidemment en forte régression. « On va finir l’année à 45 % du visitorat de l’an passé. Pour le moment, on doit être à environ 300.000 entrées cumulées sur 2020. C’est peu mais, ramené à cinq mois d’ouverture seulement, on ne pouvait pas beaucoup faire mieux ! Il faut se rappeler qu’on a fait un très bel été. On a aussi fait d’excellentes vacances de la Toussaint, malgré une jauge réduite. Il y avait un monde fou sur le site. La pire des sanctions, c’est d’être privé de son public. Ça nous a vraiment fait du mal d’annuler le Printemps des nefs, Nantes Makers campus et l’Eté indien. »

Un déficit à compenser en fin d’année

Baisse de visiteurs signifie forcément baisse de recettes. Pas anodin pour une structure aussi coûteuse. « On enregistre une grosse diminution de recettes mais, en contrepartie, on a aussi eu moins de dépenses et le chômage partiel a soulagé la masse salariale, explique Pierre Oréfice. Donc on aura un déficit en fin d’année mais il sera petit. Heureusement, on a la chance d’avoir Nantes métropole comme tutelle. Nantes métropole nous épaulera. Je ne suis pas inquiet. »

L’espoir des vacances de Noël

Chaque fin d’année, le site des Machines accueille la foule pendant les vacances scolaires à l’occasion de l’événement Noël aux Nefs. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ? « Je ne sais pas. On est suspendu aux décisions des autorités. On travaille pour que ça puisse avoir lieu, dans le respect de la sécurité sanitaire bien sûr. On veut au moins pouvoir illuminer les machines, faire des Nefs le lieu le plus chaleureux possible. Ça ferait du bien à tout le monde. »

Des ambitions pour rebondir en 2021

Pour tourner la page 2020, le directeur des Machines se veut extrêmement ambitieux. Plusieurs nouveautés seront annoncées, si le contexte le permet. « On se prépare. On a envie de marquer le coup. Ces derniers mois nous donnent l’envie d’en faire encore plus. Il faut faire rêver les gens, tout le monde en a besoin, en particulier l’économie locale. Le rebond devra être fort. Il faut envoyer un vrai message d’optimisme. »

L’Arbre aux hérons dans la tête

L’ultime grand projet des Machines de l’île, le fameux Arbre aux hérons, a refait parler de lui fin octobre avec la livraison de l'escalier du Jardin extraordinaire. L’Arbre, très attendu par une partie de la population mais contesté par une autre, ne sera pas prêt avant fin 2023. « Le Covid ne nous a pas aidés à faire avancer le projet, c’est sûr. Mais notre envie est intacte. On fera en sorte de rattraper le temps perdu. » Le déclenchement du chantier, le lancement des marchés publics, attendent désormais le feu vert de Nantes métropole. « La balle est dans son camp. Je pense qu’on aura des nouvelles d’ici à la fin de l’année. Il faut avancer. Il serait dommage, après une année de Covid, de mettre en pause un projet comme ça qui sera un élément éminent de la relance économique du territoire. On croise les doigts. »

La boutique des Machines ouverte sur le Web

Si ses locaux sont fermés en raison du confinement, la boutique des Machines de l’île propose néanmoins ses produits dérivés et idées cadeaux à la vente en ligne. La livraison est effectuée en partenariat avec La Poste. « On vend même à l’étranger », se réjouit Pierre Oréfice.