Nantes : La mère et le beau-père du petit David, torturé et noyé dans une baignoire, devant les assises

PROCES Le petit David, 8 ans, avait trouvé la mort en janvier 2017 à Saint-Herblain près de Nantes

Julie Urbach

— 

L'immeuble de Saint-Herblain où David, 8 ans, a été torturé et tué le 11 janvier 2017.
L'immeuble de Saint-Herblain où David, 8 ans, a été torturé et tué le 11 janvier 2017. — J-S.Evrard/AFP
  • David, 8 ans, avait été torturé avant de trouver la mort dans la baignoire de l'appartement familial.
  • La mère et le beau-père du petit garçon, accusés du meurtre, comparaissent à partir de ce lundi devant la cour d'assises de Loire-Atlantique.

A  l’école du Soleil Levant, un arbre avait été planté dans la cour, en la mémoire d’un « enfant adorable ». Le 11 janvier 2017, un drame avait suscité une vive émotion dans le quartier de la Crémetterie à Saint-Herblain et dans toute l’agglomération nantaise. David, 8 ans, avait trouvé la mort après avoir été noyé dans la baignoire de l’appartement familial. Cet élève de CE1, qui portait sur le corps de nombreux hématomes, y avait été plongé dans l’eau froide, les pieds et les mains attachés. Les auteurs présumés de ce meurtre, la mère et le beau-père de la petite victime, seront jugés à partir de ce lundi par la cour d’assises de Loire-Atlantique.

Ecroués depuis le drame, cet homme et cette femme âgés de 34 et 29 ans avaient d’abord avancé le scénario de l’accident domestique avant d’avouer « la punition » infligée à David, la dernière d’une longue liste d’actes de maltraitance. Le petit garçon, qui avait grandi en Côte-d’Ivoire avant de rejoindre le couple à Saint-Herblain quelques mois avant sa mort, faisait l’objet de « sévices très appuyés, de coups et à certaines occasions était entravé par des liens », avait révélé l’enquête. Jugés pour actes de torture et de barbarie pratiqués de manière habituelle et suivis de la mort de l’enfant, ils risquent la réclusion criminelle à perpétuité.

« Les voisins n’ont pas alerté »

Pendant les cinq jours de débat, la cour tentera de comprendre ce qui a pu mener le couple à faire du petit David un souffre-douleur, et de déterminer le rôle de l’un et de l’autre le jour du drame, alors que les accusés se rejettent la responsabilité. « Ce procès qui intervient après une très longue attente est très angoissant pour notre cliente, qui n’a pas su protéger son enfant. Mais il est important car il va permettre enfin de comprendre ce qu’il s’est passé dans ce huis clos », estiment les avocats de la mère de David, Me Olivier Parrot et Me Jean-Edouard Robiou du Pont.

Pour l’association l’Enfant Bleu, qui s’est constitué partie civile, ce procès va aussi mettre en lumière « des dysfonctionnements sans lesquels on aurait peut-être pu éviter la mort d’un enfant ». « Il apparaît que certains voisins avaient une suspicion de maltraitance mais qu’ils n’ont pas osé le signaler, explique Michel Martzloff, secrétaire général de l’association. Il interroge aussi le rôle de l’école : il semble que la maîtresse ait rapporté à la mère de l’enfant avoir entendu le petit dire qu’il avait faim. C’est ce qui aurait déclenché ce drame terrible. » Selon l’association, « c’est aux services sociaux ou au procureur, et non à l’école, d’avoir à gérer ce type de situation. Ceux-ci sont mieux à même de décider : prévenir les parents ou éloigner l’enfant. »

Le procès, qui devait s’ouvrir en juin, avait été reporté en raison des conditions sanitaires et sur la demande de la défense. Près de quatre ans après les faits, il se déroulera « dans des conditions dégradées », estiment les avocats de l’accusée. Un certain nombre de témoins, qui n’ont pas pu faire le déplacement depuis la Côte-d’Ivoire, seront interrogés par visioconférence. Le verdict est attendu vendredi.