Nantes : Naofood, la nouvelle alternative de livraisons de repas 100 % locale

INITIATIVE Naofood, la nouvelle plateforme de livraison de repas, choisit de privilégier la qualité et le local. Une alternative responsable et 100 % nantaise

Clara Le Nagard

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Guillaume Blanchet, fondateur de Naofood, et son équipe livrent les repas à vélo.
Guillaume Blanchet, fondateur de Naofood, et son équipe livrent les repas à vélo. — Naofood
  • Naofood est une plateforme nantaise de livraison de repas, plus éthique et plus locale.
  • Depuis septembre 2019, Naofood livre environ dix commandes par jour.
  • Avec le reconfinement, la société cherche à soutenir les restaurants du centre-ville.

Le confinement pourrait-il avoir du bon ? Depuis la remise sous cloche du pays, l’activité de l’entreprise nantaise Naofood a fortement augmenté. Le concept est né il y a un an, lorsque douze copains coursiers travaillant dans des entreprises telles que Deliveroo et Uber Eats ont décidé de créer leur propre modèle. « A l’époque, notre situation n’était pas en adéquation avec nos espérances. On a voulu faire notre truc à nous », raconte Guillaume Blanchet, le fondateur de la plateforme.

Ce jeune nantais de 29 ans, en quête de nouveauté, a embarqué ses amis dans l’aventure Naofood : une société nantaise de livraison de repas, alternative et locale, qui fonctionne uniquement à vélo. « Je voulais que Naofood repose sur une économie sociale et solidaire », déclare Guillaume. Lancée en novembre 2019, avec des débuts balbutiants, la plateforme, depuis deux mois, trouve enfin ses marques.

Un projet qui « a du sens »

« Au début, on livrait trois commandes par jour, c’était très fragile. Puis, on est passé à dix », sourit Guillaume. L’idée dans laquelle il a investi toutes ses économies rassemble aujourd’hui douze livreurs et une quinzaine de restaurants du centre-ville qui sont partenaires du projet. Une course coûte 3,5 euros et permet une petite contribution solidaire : 2 % du prix de la commande du client revient à trois associations :  La Tricyclerie, les Griffres de l’espoir et Bio-T-Full. « On investit le cœur du client à l’intérieur d’une commande. On lie l’humain et la société de consommation », explique Guillaume.

Les coursiers, qui sont autoentrepreneurs, souhaitent que l’entreprise fonctionne à terme comme une société coopérative et participative (SCOP). « Il faut voir ça comme un petit jardin, indique Guillaume. J’ai planté la première graine et aujourd’hui, ça commence à pousser. »

Une motivation « contagieuse »

« A Nantes, il y a vraiment un bon terreau pour faire pousser des projets comme Naofood. C’est vraiment contagieux », sourit Guillaume, alias « scrat » (l’écureuil hyperactif du film L’Âge de glace). Tout comme sa peluche, Guillaume déborde d’énergie et a du mal à masquer son excitation « On a eu des super retours. Les peluches que l’on accroche à nos sacs à dos lors des livraisons sont nos mascottes. Ça fait rire les gens c’est super ! » s’exclame-t-il.

Pour sélectionner leurs restaurants (ils versent 24 % de commission à Naofood), les livreurs ont des critères bien précis : le goût, la localisation, l’éthique, l’humain, le local. « On souhaite goûter et valider les meilleurs restaurants de chaque type sur Nantes. C’est un gage de qualité pour les clients », argumente Guillaume.

« On va surfer sur la vague de la bonne façon »

Avec le reconfinement, l’équipe nantaise a vu ses commandes « exploser ». « On est à presque 35 commandes par jour, c’est génial ! », se réjouit Guillaume. Depuis ce nouveau coup d’arrêt de l’économie et notamment des restaurateurs, Guillaume et son équipe ont décidé de prélever non plus 24 % mais 15 % de commissions aux restaurants. « On veut que les clients, à travers Naofood, soutiennent les restos pour qu’ils survivent et qu’ils soient toujours là demain. Avec ce nouveau confinement on surfe sur une vague qui n’est pas bonne mais on va tout faire pour surfer dessus de la bonne façon. »

La nouvelle plateforme souhaite devenir une « référence de qualité » pour les clients et l’énergie de son fondateur semble illimitée. « On est encore tout jeune et il faut qu’on se professionnalise. Mais on ne lâchera rien. »