FC Nantes : Henri Michel, la statue de la discorde pour « un joueur qui fait consensus »

POLEMIQUE Le FC Nantes devait inaugurer, samedi, la statue d’Henri Michel, décédé en 2018. Mais tout a été annulé en raison du confinement. Une polémique a vu le jour la semaine dernière autour de l’œuvre

David Phelippeau
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Un hommage avait été rendu à Henri Michel avant le match Nantes-Montpellier le 6 mai 2018.
Un hommage avait été rendu à Henri Michel avant le match Nantes-Montpellier le 6 mai 2018. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
  • Dans le plus grand des secrets, le FC Nantes a fait réaliser une statue en hommage à Henri Michel décédé en 2018.
  • L’association à la nantaise, qui avait lancé une souscription pour réaliser une statue de l’ex-milieu de terrain des Canaris, regrette de ne pas avoir été ni prévenue, ni associée.

Samedi soir, avant la rencontre Nantes-PSG (0-3), la statue d’ Henri Michel, ancienne légende du FCN décédée en avril 2018, aurait dû être présentée aux médias en présence de la famille du défunt et de certains de ses anciens coéquipiers. En raison du huis clos, l’événement a finalement été reporté.

En début de semaine dernière (et avant le discours d’Emmanuel Macron), quand le club a communiqué sur cette inauguration, une polémique a vu le jour. L’association A la nantaise a regretté de ne pas avoir été mis au courant de la conception de cette statue alors que l’asso des amoureux du FCN avait lancé une souscription et organisé un tournoi à l’été 2019 pour récolter des fonds pour concevoir… une statue en hommage à l’ancien joueur.

Une triste polémique

Ce fut la stupeur donc quand l’asso, dont beaucoup de ses adhérents ne portent pas dans leur cœur le président Kita, a appris que le FCN l’avait réalisée dans son coin. « Ce projet devait être une réalisation collective, le nom d’Henri Michel appartenant au patrimoine populaire de la région. Nous voulions éviter que ce projet soit mené de manière solitaire par l’actionnaire du club. Inaugurer une statue pensée de façon unilatérale, sans consulter les supporteurs, va à l’encontre de ce que représentait ce joueur emblématique. »

Samedi, Philippe Laurent, en charge du développement du musée au FCN, a souhaité « remettre la statue au milieu du village » et répondre à « une querelle de cour de récréation » autour « d’une personne, d’un joueur qui fait consensus ». « Avant même le décès d’Henri Michel, j’avais souhaité faire un monument regroupant Arribas, Vincent, Suaudeau [trois anciens coachs] et Michel, explique Philippe Laurent. Quand Henri est parti, le président m’a tout de suite dit que c’était son devoir de faire une statue et il m’a chargé de m’en occuper. » Le FCN fait le choix de ne pas communiquer sur le sujet. « Le président m’a dit : "On garde ça secret car ça fera un beau truc quand on le sortira !". »

Une œuvre installée dans l’enceinte de la Beaujoire

Philippe Laurent, qui était prêt à fédérer autour du projet s’il avait fallu, affirme en avoir informé deux responsables de l’association à la nantaise juste avant l’été 2019. Lesquels démentent. « Evidemment, on se serait associé si on avait été mis au courant, explique Eric Swidurski, membre fondateur de l’asso qui était présent à cette entrevue. On fait quoi de l’argent récolté maintenant [6.000 euros] ? On partait d’une action collective sur un joueur historique pour finir par une œuvre d’un individualiste [Waldemar Kita] qui s’est approprié le projet. » L’asso veut aussi que Nantes Métropole, propriétaire du stade de la Beaujoire où doit être installée la statue, se positionne sur le sujet, et a proposé ces dernières heures une réunion entre les différentes parties.

En attendant, et c’est sans doute le principal, la statue, qui est prête depuis plusieurs mois, représente « une posture d’élégance d’Henri Michel, avec un ballon et une tête d’homme mûr », selon Philippe Laurent. L’œuvre, réalisée par Mauro Corda, est inspirée d’un poster du joueur des années 1980 alors qu’il évoluait au stade Marcel-Saupin. Elle doit être installée « dans l’enceinte même du stade pour des raisons d’assurance, mais visible des spectateurs », pèse 460 kg et mesure 1,60 m. Elle est réalisée en bronze, recouvert d’une feuille d’or. Son coût ? Le chiffre de 120.000 euros circule à la Jonelière. « On espère l’inaugurer plus tard avec tous les anciens joueurs du FCN dans un esprit festif », conclut Philippe Laurent. Et un esprit moins polémique, surtout.