Confinement à Nantes : Trois jours d’ouverture en plus, la fleur faite aux fleuristes « ne sera pas suffisante »

REPORTAGE Alors que le nouveau confinement est rentré en vigueur partout en France, certains commerces ont eu le droit à un bref sursis… C’est le cas des fleuristes

Clara Le Nagard

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Des réductions pour les derniers jours d'ouverture chez le fleuriste La mauvaise herbe, rue Budapest à Nantes.
Des réductions pour les derniers jours d'ouverture chez le fleuriste La mauvaise herbe, rue Budapest à Nantes. — C. Le Nagard / 20 Minutes
  • Une dérogation a été accordée aux fleuristes pour leur permettre de rester ouverts jusqu’à dimanche soir.
  • Jeudi, les clients ont répondu présent en achetant des fleurs et des plantes.
  • Une démarche qui ne pourra pas compenser le manque à gagner d’une nouvelle fermeture.

Pas grand monde dans les rues de Nantes ce vendredi… Et pour cause. Le confinement, annoncé mercredi soir par le président de la République, est de retour. Si l es commerces « non essentiels » doivent baisser le rideau pendant un mois minimum, les fleuristes, eux, ont bénéficié d’une dérogation leur permettant de rester ouverts jusqu’à dimanche soir en raison de la Toussaint. Une petite revanche après la claque du muguet (ils n’avaient pas pu ouvrir le 1er mai) mais qui ne compensera pas les pertes liées à un nouveau confinement.

Chrysanthèmes, fleurs séchées, petits bouquets

« Aujourd’hui, c’est plus calme mais hier on a fait une très grosse journée. Les gens sont venus par sympathie mais aussi pour fleurir les tombes, explique Marie, fleuriste chez Aquaverde. Boulevard Albert Thomas, la boutique a accueilli des clients qui venaient « se faire plaisir ». « Chrysanthèmes, fleurs séchées, petits bouquets… On a vraiment vendu de tout, assure la jeune femme. »

Même constat rue Budapest chez La mauvaise herbe. « On s’est fait dévaliser, rigole Angélique. Bon, en même temps, on a fait des réductions pour déstocker mais c’était presque une situation similaire à Noël. » La dérogation accordée par le gouvernement pour retarder la fermeture des fleuristes est bien accueillie mais ces derniers ne se font pas trop d’illusions. « C’est déjà un petit signe de reconnaissance vis-à-vis de notre métier mais ça ne sera évidemment pas suffisant », explique Muriel Bouquin, fleuriste à la Chapelle sur Erdre et présidente du syndicat de la profession dans toute la Loire-Atlantique.

« C’est le monde à l’envers »

A l’inverse des petits commerces de proximité, les supermarchés ont le droit de poursuivre leur activité. Une décision similaire au premier confinement qui a de nouveau du mal à passer pour les fleuristes de quartier. « Honnêtement je trouve ça scandaleux, déclare Denis au Jardin Dobrée, rue Voltaire. Ce sont les petits qui souffrent et les gros qui mangent. » Au même moment, une cliente vient récupérer sa commande de chrysanthèmes. « La dérogation permet aux gens d’en profiter encore un peu. C’est bien, mais bon… On va se retrouver avec des stocks sur les bras », confie-t-il désabusé.

Le fleuriste Christian Charpentier, rue Cassini.
Le fleuriste Christian Charpentier, rue Cassini. - C. Le Nagard / 20 Minutes

Un sentiment partagé par une fleuriste rue Cassini. « Ce n’est plus possible, s’insurge Myriam. J’espère qu’on pourra avoir une aide de la part de l’Etat parce qu’économiquement c’est très dur, avoue-t-elle. Et puis moralement, c’est important de pouvoir égayer son chez-soi avec des fleurs ! Ce n’est vraiment pas réjouissant. »

Tenter de s’adapter

Alors que le secteur avait très bien tourné au moment de la Fête des mères, période importante pour la profession, ce nouveau coup de frein impacte les ventes de la Toussaint mais aussi les préparations en vue des fêtes de Noël. « Au mois de novembre, on décore les vitrines des autres commerçants normalement, sourit tristement Marie d’Aquaverde. C’est sûr que c’est rageant mais il faut qu’on essaye de s’adapter, renchérit-elle. On va organiser des drives. On déposera les fleurs devant la boutique et les gens pourront passer les prendre. »

Muriel Bouquin, la fleuriste de la Chapelle-sur-Erdre, compte adopter la même démarche. A partir de mardi, les clients pourront convenir d’un rendez-vous pour venir chercher leur commande de fleurs ou se faire livrer. « La machine ne s’arrête pas. Je vais mettre en place des tournées », annonce-t-elle. Un bon moyen de supporter ces nouvelles contraintes mais tous ne pourront pas en faire autant.