Sophie Dronet et Brigitte Brodin, cofondatrices de la Coopérative funéraire de Nantes, reçoivent les familles dans un salon cosy
Sophie Dronet et Brigitte Brodin, cofondatrices de la Coopérative funéraire de Nantes, reçoivent les familles dans un salon cosy — F.Brenon/20Minutes

TOUSSAINT

Nantes : Comment la Coopérative funéraire a « bousculé les mentalités »

Frédéric Brenon

La coopérative, qui vend des services de pompes funèbres, mise sur l'accompagnement des familles et la transparence pour se démarquer de ses concurrents privés

  • La Coopérative funéraire de Nantes vend des services d’obsèques et des accessoires funéraires.
  • Elle fut la première coopérative de France à se lancer dans ce secteur.
  • Elle revendique des tarifs attractifs et une fibre écologique.

Elle s’est lancée en octobre 2016 avec l’idée de « bousculer les mentalités ». La Coopérative funéraire de Nantes était la première structure de ce type en France à débarquer sur le marché « très concurrentiel » et parfois opaque des pompes funèbres. « On était regardé comme des Ovni. Personne ne pensait qu’on allait durer. En plus, trois femmes dans un milieu plutôt masculin », rigole Brigitte Brodin, l’une des trois cofondatrices. Quatre ans après, la Coopérative funéraire, dont les locaux sont basés à Orvault, affiche un bilan jugé « satisfaisant ».

Avec 130 funérailles réalisées en 2019-2020, elle a triplé son activité depuis le démarrage. « C’est un petit volume par rapport aux gros opérateurs privés de l’agglomération nantaise. Mais, pour la première fois, nous sommes à l’équilibre financier », indique Brigitte Brodin.

Tarifs compétitifs grâce à des marges « minimes »

Ce qui ravit surtout les cofondatrices et les 750 coopérateurs, c’est le sentiment d’avoir « répondu aux attentes des familles » en matière d’accompagnement, de transparence et de protection de l’environnement. Leur leitmotiv. « On veut que les familles soient actrices de leur choix. Elles ont le droit de savoir combien elles vont payer et pourquoi. On ne veut surtout pas profiter de leur fragilité », insiste Brigitte Brodin.

Malgré un temps d’accompagnement plus long (y compris après les obsèques), les tarifs sont compétitifs grâce à des marges « minimes » et à un catalogue privilégiant la sobriété. « Il n’est pas nécessaire de s’endetter pour offrir des funérailles à un être cher, assure Sophie Dronet. Et un prix modéré ne signifie pas que c’est moche. Pour les cercueils, par exemple, nous ne proposons que quatre modèles. Et aucune famille ne s’est plainte. »

Des prestations écolo

La coopérative tient aussi à proposer le service « le plus personnalisé possible » : cérémonie en pleine nature, méditation tibétaine ou cercueil peint en vert, autant de demandes originales récemment honorées…. « Bien sûr, tout n’est pas possible. Mais on essaie de s’adapter. Lorsque je travaillais dans des compagnies d’obsèques privées, on proposait toujours le même protocole », raconte Sophie. La fibre écologique de l’entreprise « favorise le bouche-à-oreille ». Fleurs de saison, matériaux locaux, cercueil en carton, pierre tombale d’occasion, soins du corps limités font ainsi partie des possibilités. « L’empreinte carbone de notre mort préoccupe de plus en plus de gens », confirme Sophie Dronet.

Encouragées par l’exemple nantais, trois autres coopératives funéraires se sont lancées dans l’aventure à Rennes, Bordeaux et Dijon. L’entreprise nantaise, elle, espère simplement conforter son activité. Et rêve de pouvoir remplacer son corbillard diesel « par un modèle propre » et, pourquoi pas, s’offrir son propre salon funéraire.