Nantes : Il n’y a plus d’auberge de jeunesse, mais plusieurs projets vont sortir de terre

TOURISME L’auberge de la Manufacture, créée en 1983, ne reprendra pas son activité stoppée avec le confinement

Frédéric Brenon
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L'entrée de l'auberge de jeunesse de la Manu à Nantes.
L'entrée de l'auberge de jeunesse de la Manu à Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • L’auberge de la Manu, gérée par la Fuaj, ferme définitivement ses portes.
  • Les locaux étaient vieillissants et nécessitaient des travaux conséquents.
  • D’autres projets d’auberges de jeunesse devraient voir le jour ces prochaines années.

Elle a fermé ses portes lors du confinement, le 17 mars, et ne les a jamais rouvertes. L’auberge de jeunesse de la Manufacture, la seule de Nantes, cesse définitivement son activité, annonce la Fédération unie des auberges de jeunesse (Fuaj), confirmant une information d’Ouest-France. Le contrat de bail passé avec la ville de Nantes, propriétaire du bâtiment, ne sera pas reconduit au-delà du 15 novembre, sa date d’échéance. Une décision imposée par le besoin de travaux de réhabilitation dans les locaux aménagés en 1983.

« L’auberge de la Manu était vieillissante. Elle ne correspondait plus à ce qu’on est en droit d’attendre d’une auberge de jeunesse dans une ville comme Nantes. Il fallait des travaux conséquents que l’exploitant pouvait, semble-t-il, difficilement prendre à sa charge », explique Eric Gutknecht, directeur de la vie associative à la mairie de Nantes.

« C’est dommage pour notre réseau »

De son côté, la Fuaj, membre du réseau Hostelling international, « regrette cette décision ». « Il est vrai que ce bâtiment arrivait à bout de souffle et, compte tenu de la crise du tourisme, la Fuaj aurait des difficultés à dépenser plusieurs millions d’euros, répond David Le Carré, délégué général de la Fuaj. Mais on a surtout compris que la ville voulait récupérer les locaux. On n’a même pas tenté de discuter. »

L’auberge de la Manu, qui employait sept personnes, accueillait des touristes à petits budgets et des groupes, notamment des scolaires. Elle proposait 124 lits en dortoirs et avait enregistré 16.000 nuitées en 2019. « Elle connaissait un regain de fréquentation depuis quelques années, raconte David Le Carré. C’est dommage pour notre réseau de ne plus être présent sur Nantes. Nous restons disposés à accompagner la collectivité pour un autre projet. »

Au moins trois projets dans les cartons

Si elle confirme « ne pas fermer la porte à la Fuaj », la mairie de Nantes accompagne déjà d’autres projets. Le premier, porté par le Club loisirs et action jeunesse (Claj), devrait voir le jour en 2021 dans les anciens Bains-douches de la Butte Sainte-Anne : 15 lits en dortoirs seront proposés. Une structure beaucoup plus grosse, initiée par la FAL 44, doit également ouvrir en 2022 quartier Malakoff. Elle proposerait de 168 à 188 lits avec une majorité de chambres pour quatre personnes. Dans le même temps, un autre projet, financé par le promoteur Giboire et l'hôtelier Melt, est annoncé sur l’île de Nantes, près des Machines. D’une capacité d’environ 250 lits, cet hostel se revendique « innovant ».

« Ce sont des projets intéressants, relève Eric Gutknecht pour la mairie. On voit bien que les touristes sont exigeants aujourd’hui sur les services comme le numérique et la bagagerie. » Il faudra toutefois patienter. « C’est un point sensible, reconnaît Eric Gutknecht. Pendant quelques mois, l’offre nantaise sur l’hôtellerie 0 étoile ne sera pas au niveau. C’est un concours de circonstances malheureux. »