La pédiatrie du CHU en souffrance

Guillaume Frouin

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La participation a été « assez forte », convient la direction. Sur les 169 agents de pédiatrie du CHU de Nantes, 84 étaient en grève hier, tout comme 11 de leurs collègues des urgences pédiatriques (sur 16). Bien que la plupart aient été contraints de travailler par leur administration, les agents dénoncent « l'accélération de la dégradation des conditions de travail » engendrée par le plan de redressement financier adopté en juin.

« Il nous est arrivé, certains jours, de mettre des enfants contagieux avec d'autres à risque parce qu'on n'avait pas assez de lits, rapporte Sylvie Moisan (Force ouvrière). Les collègues sont dans un état de stress permanent. Elles jouent un peu avec les allumettes : si l'état de santé d'un enfant s'aggrave, elles risquent de ne pas s'en rendre compte. »

La CGT, de son côté, s'est retirée de l'appel à la grève. « Huit des neuf revendications concernent des points de réglementation, que l'hôpital est tenu d'appliquer, tonne Gilles Brunot. Les agents n'ont pas à payer un jour de grève pour que le CHU applique la loi. » La neuvième revendication des agents est... l'installation d'une pointeuse, pour comptabiliser les heures supplémentaires « effectuées et jamais payées ». La grève est reconduite aujourd'hui. ■