Méthaniseur géant en Loire-Atlantique : Philippe Grosvalet réclame un « débat public »

AGRICULTURE Le président du conseil départemental de Loire-Atlantique a exprimé sa « méfiance » concernant le projet de plus gros méthaniseur de France

Frédéric Brenon

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Philippe Grosvalet, président (PS) du conseil département de Loire-Atlantique
Philippe Grosvalet, président (PS) du conseil département de Loire-Atlantique — J. Urbach/ 20 Minutes
  • La coopérative d’Herbauges projette d’installer la plus grosse usine de méthanisation de France au sud de Nantes.
  • Un projet similaire est également à l’étude dans le nord de la Loire-Atlantique.
  • Philippe Grosvalet réclame une concertation large afin d’éviter les conflits.

Encore peu connu du grand public, le projet de méthaniseur de la coopérative d’Herbauges, à Corcoué-sur-Logne, au sud de la Loire-Atlantique, suscite pourtant une inquiétude grandissante chez les riverains. Il faut dire que la dimension de l’usine, dont l’objectif sera de produire du biogaz à partir de bouses de vaches, est sans équivalent en France : 680.000 tonnes de matières à traiter par an, 230 agriculteurs partenaires, 85 allers-retours quotidiens de camions…

Interrogé à ce sujet vendredi, le président du conseil départemental, Philippe Grosvalet (PS), craint un déficit de dialogue et un avenir conflictuel. Il demande au préfet l’organisation d’un véritable débat public organisé par la commission nationale du débat public (CNDP), en complément de la concertation préalable ouverte jusqu’au 22 novembre. « C’est un sujet extrêmement pointu qui mêle l’économie, l’emploi, l’environnement, l’agriculture. Un sujet trop important pour qu’on ne consulte pas l’ensemble des acteurs. Il faut un débat public », justifie-t-il.

Le traumatisme Notre-Dame-des-Landes

Le président du département confie ses doutes, d’autant plus qu’un autre projet, comparable par sa taille, est également envisagé par la coopérative d’Herbauges à Puceul, près de Blain. « Je suis méfiant sur les conséquences à long terme. D’abord parce que ce modèle d’industrialisation de la méthanisation remet en cause tous les petits modèles qu’on a défendus. Ensuite parce qu’il y a des intentions qui sont exprimées aujourd’hui, notamment de dire qu’on ne fera pas pousser du maïs spécialement pour la méthanisation, mais qu’est-ce que ça vaudra dans 10 ans, dans 15 ans ? On n’en sait rien. C’est pour ça qu’il faut interroger tout le monde et mettre sur la table les avantages et inconvénients. On a trop vécu Notre-Dames-des-Landes pour ne pas repartir dans des guerres "pour ou contre". »

Le projet de méthaniseur de Corcoué-sur-Logne prévoit un démarrage des travaux en 2022 et une mise en service courant 2023. Le projet de méthaniseur de Puceul est un peu moins avancé.

Concernant un autre sujet de contestation, celui du projet portuaire sur le site du Carnet à Frossay, Philippe Grosvalet a invité vendredi le Grand port maritime à « tout reprendre à la base ». « Je ne souhaite pas que la situation s’envenime », justifie-t-il. Depuis début septembre, des opposants ont installé une ZAD sur ce site de bord de Loire.