Projet de plateforme Amazon au sud de Nantes : Les élus déjà divisés après l’annonce

ECONOMIE Le géant américain compte implanter à Montbert l'une de ses plus grosses plateformes logistique de France. Le projet est loin de faire l'unanimité

Frédéric Brenon

— 

Un entrepôt Amazon en France (illustration).
Un entrepôt Amazon en France (illustration). — T.Samson/AFP
  • Le président du département, Philippe Grosvalet (PS), est opposé au projet, de même que les écologistes.
  • Le président de la communauté de communes de Grand-Lieu, Johann Boblin (LR) a endossé le costume du principal défenseur du projet.

L’annonce du projet d’installation d’une grande plateforme logistique automatisée (185.000 m2) d’Amazon sur la commune de Montbert, au sud de Nantes, a provoqué de vives réactions chez les élus de Loire-Atlantique. En particulier celle, critique, de Philippe Grosvalet, président PS du conseil départemental.

« La croissance de l’e-commerce développé par Amazon s’accompagne d’un modèle logistique mondialisé, peu vertueux pour l’environnement avec des marchandises qui parcourent des milliers de kilomètres à travers le globe avant d’arriver à destination. La création d’une plateforme se traduit par des flux de camions incessants, avec toutes les nuisances que cela induit. Quant aux emplois promis, les conditions de travail restent souvent précaires et peu enviables… », explique Philippe Grosvalet qui, défend une « logique de proximité », tout en estimant que la décision « appartient aux élus locaux » concernés.

Le mouvement Génération-S s’est montré plus ferme, demandant au maire de Montbert, qui  soutient le plus projet, de « refuser l’installation d’Amazon » au motif, notamment, que le géant américain « échappe aux impôts » du fait de « ses pratiques fiscales agressives ». Dans la même veine, le sénateur écologiste Ronan Dantec (soutien de Johanna Rolland aux élections municipales), considère que l’arrivée d’Amazon « sera synonyme de pertes d’emplois locaux et de désorganisation du tissu commercial » et qu’elle ne sert pas « l’intérêt général ».

« Il répond à une attente des consommateurs »

A l’inverse de cette inquiétude, le conseiller régional Johann Boblin (LR), président de la communauté de communes de Grand-Lieu, et donc comptant parmi les principaux intéressés, se pose en fervent défenseur du projet. « C’est un modèle qui répond à une attente des consommateurs et qui va générer plusieurs centaines de créations d’emplois ainsi que d’importantes recettes fiscales pour nos collectivités qui vont en avoir bien besoin dans le contexte actuel. Le rôle des élus est d’accompagner ce genre de projets porteurs d’emplois », justifie-t-il.

Il précise : « C’est un projet sur une ancienne friche hospitalière, qui ne consomme aucun hectare agricole et naturel et qui n’imperméabilise pas les sols. Un parc d’activités proche des axes routiers pour limiter les nuisances de circulation. » Très offensif, Johann Boblin n’a pas hésité à reprendre de volée, à plusieurs reprises, les critiques exprimées sur Twitter, notamment celles formulées par le conseiller régional Franck Nicolon (EELV) et le député Mathieu Orphelin (EDS, ex LREM).