Les lycéens dans la résistance

Frédéric Brenon

— 

« On n'a pas obtenu tout ce qu'on réclamait, alors on continue ! On tiendra jusqu'au vacances de février, s'il le faut ! » Avec son groupe de copines du lycée Michelet, Marion, 16 ans, ne voulait pas rater le rendez-vous. Autour d'elles, place Bretagne, plus de 800 jeunes se sont rassemblés pour faire entendre la même revendication : retrait pur et simple de la réforme du lycée et annulation des centaines de suppressions de postes prévues dans l'Education nationale.

Il est 15 h. Le cortège démarre, enthousiaste, et le ministre en prend pour son grade. « Darcos, t'es foutu la jeunesse est dans la rue » et « Darcos casse-toi, ta réforme on n'en veut pas » sont les deux tubes du jour. Ils n'avaient pas résonné dans les rues de Nantes depuis la dernière manifestation, le 16 décembre. Quelque 1 500 lycéens s'étaient alors réunis.

« Il y a moins de monde qu'avant Noël, mais ça n'est pas facile de mobiliser. Il fait froid, et puis on commence à penser au bac, qui approche », raconte Steve, 17 ans. « Certains croient peut-être qu'on a gagné en obtenant le report de la réforme, mais on aurait tort de s'en contenter », renchérit Quentin. « Si la mayonnaise reprend, on peut tout casser », espère Estelle. Une autre manifestation est prévue la semaine prochaine. ■